St. Denys d'Alexandrie
Διονύσιος Ἀλεξανδρείας
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“Que le Verbe de Dieu n'est ni une œuvre ni une créature, mais un engendrement propre et indivisible de la substance du Père, ainsi que l'a écrit le grand concile, voilà ce que dit aussi l'évêque de Rome, Denys. Il écrit contre les partisans de Sabellius et s'indigne contre ceux qui osent tenir de tels propos ; il s'exprime ainsi : Il serait ensuite légitime que je m'adresse à ceux qui divisent, découpent et anéantissent la plus vénérable prédication de l'Église de Dieu, à savoir la monarchie, pour en faire trois puissances, trois hypostases distinctes et trois divinités. J'ai en effet appris que, parmi vous, certains de ceux qui catéchisent et enseignent la parole divine se font les promoteurs de cette doctrine, laquelle s'oppose, pour ainsi dire, de manière diamétrale à celle de Sabellius. Le premier, en effet, blasphème en affirmant que le Fils est le Père, et inversement. Quant aux autres, ils prêchent en quelque sorte trois dieux, en divisant la sainte monade en trois hypostases étrangères les unes aux autres et totalement séparées. Car il est nécessaire que le Verbe divin soit uni au Dieu de l'univers, et il faut que l'Esprit Saint trouve sa place et demeure en Dieu. Enfin, il est absolument nécessaire que la divine Trinité soit ramenée et rassemblée en un seul, comme en un sommet (je parle du Dieu de l'univers, le Tout-Puissant). En effet, la doctrine de l'insensé Marcion, qui sectionne et divise la monarchie en trois principes, est un enseignement diabolique ; ce n'est pas celui des vrais disciples du Christ, ni de ceux qui agréent les leçons du Sauveur.”
“En effet, il est nécessaire que le divin Verbe soit uni au Dieu de l’univers, et il faut que le Saint-Esprit réside et demeure en Dieu. Il est donc absolument nécessaire que la divine Trinité soit récapitulée et rassemblée en un seul, comme en un sommet unique — je veux parler du Dieu de l’univers, le Tout-Puissant. En effet, la doctrine de Marcion l’insensé, qui consiste à découper et diviser la monarchie en trois principes, est un enseignement diabolique ; elle n’est pas celle des véritables disciples du Christ, ni de ceux qui se plaisent aux leçons du Sauveur. Car ces derniers savent bien que la divine Écriture annonce clairement une Trinité, mais ils savent aussi que ni l’Ancien ni le Nouveau Testament ne proclament trois dieux. On ne saurait blâmer avec moins de force ceux qui prétendent que le Fils est une créature et que le Seigneur a été fait, comme si l’on pensait qu’il est l’une des choses qui ont réellement été faites, alors que les oracles divins témoignent en sa faveur d’un engendrement qui lui est propre et qui lui convient, et non d’un façonnement ou d’une fabrication. Ce n’est donc pas un blasphème ordinaire, mais bien le plus grand de tous, que de dire du Seigneur qu’il est en quelque sorte une œuvre faite de main d’homme. Car si le Fils a été fait, il fut un temps où il n’était pas. Or, il a toujours été, puisqu’il est dans le Père, comme il le dit lui-même, et puisque le Christ est Verbe, Sagesse et Puissance. En effet, les divines Écritures affirment que le Christ est tout cela, comme vous le savez, et il se trouve que ce sont là des puissances de Dieu. Par conséquent, si le Fils a été fait, il fut un temps où ces attributs n’existaient pas ; il y eut donc un moment où Dieu était sans eux. Voilà qui est absolument absurde. Mais à quoi bon m’étendre davantage sur ce sujet avec vous, qui êtes des hommes remplis de l’Esprit et qui connaissez parfaitement les absurdités qui découlent de l’affirmation selon laquelle le Fils est une créature ? À ces absurdités, les instigateurs de cette doctrine ne me semblent pas avoir prêté attention, et c’est pourquoi ils se sont complètement écartés de la vérité, en interprétant le passage de l’Écriture divine et prophétique : Le Seigneur m’a créé au commencement de ses voies, d’une manière tout autre que ce qu’elle veut dire. Car, comme vous le savez, le sens du verbe « créer » n’est pas univoque. En effet, « créer » doit s’entendre ici dans le sens de « préposer à » ses œuvres, œuvres qui ont été faites par le Fils lui-même. Et le verbe « créer » ne saurait être pris ici dans le sens de « faire », car « créer » est différent de « faire ». Dans le grand cantique du Deutéronome, Moïse ne dit-il pas : N’est-ce pas lui, ton Père, qui t’a acquis, qui t’a fait et qui t’a créé ? À ces gens, on pourrait bien dire : « Ô hommes insensés et téméraires ! Comment, une simple créature, celui qui est le premier-né de toute la création, celui qui est engendré du sein du Père avant l’étoile du matin, celui qui a dit, en tant que Sagesse : Avant toutes les collines, il m’engendre ? » D’ailleurs, en de nombreux passages des oracles divins, on trouvera qu’il est dit du Fils qu’il est « engendré », mais jamais qu’il est « fait ». Ces passages réfutent manifestement les mensonges de ceux qui, se faisant de fausses idées sur l’engendrement du Seigneur, osent qualifier sa divine et ineffable génération de « fabrication ». Il ne faut donc ni diviser en trois divinités l’admirable et divine monade, ni diminuer par le mot de « créature » la dignité et la grandeur incomparable du Seigneur. Il faut au contraire croire en Dieu le Père tout-puissant, et en Jésus-Christ son Fils, et au Saint-Esprit, et croire que le Verbe est uni au Dieu de l’univers. Car le Seigneur dit : Moi et le Père, nous sommes un, et : Je suis dans le Père, et le Père est en moi. C’est ainsi que seront sauvegardées à la fois la divine Trinité et la sainte proclamation de la monarchie.”