“Voici comment nous reconnaîtrons qu'il est impossible que vos deux principes soient sans commencement dans le temps. Ce qui n'a pas de commencement est immuable ; car si cela changeait, ce ne serait pas absolument sans commencement. En effet, une chose qui change — qu'elle passe de l'incorporel au corporel, de l'informe à la forme, de l'immobilité au mouvement, ou encore du calme et de la quiétude au conflit — commence à devenir ce qu'elle n'était pas auparavant. Et ce qui passe d'un état sans commencement à un état qui en a un n'est pas sans commencement. Car ce qui reçoit un commencement, ce qui a commencé d'être, n'est pas sans commencement. Le Manichéen : Qu'en est-il donc ? Votre Dieu n'a-t-il pas changé en engendrant le Fils et en faisant procéder l'Esprit ? L'Orthodoxe : Nullement. Car je ne dis pas que, n'étant pas Père auparavant, il le serait devenu par la suite. Je dis au contraire qu'il a toujours été, possédant de lui-même son propre Verbe, et que de lui-même, par son Verbe, son Esprit procédait.”