“« Je découvre donc, dit-il, cette loi : quand je veux faire le bien, c'est le mal qui est à ma portée ». C'est-à-dire : je découvre que la loi est bonne pour moi lorsque je veux faire ce qu'elle prescrit, puisque le mal est à ma portée pour être accompli facilement. Car ce qu'il a dit plus haut : Vouloir le bien est à ma portée, il l'a dit pour signifier la facilité. En effet, pour un homme placé sous la Loi, quoi de plus facile que de vouloir le bien et de faire le mal ? Car le bien, il le veut sans difficulté, bien qu'il ne l'accomplisse pas aussi facilement qu'il le veut ; et ce mal qu'il déteste, il l'a à portée de main, bien qu'il ne le veuille pas. C'est comme un homme précipité dans le vide, qui tombe sans difficulté dans l'abîme, bien qu'il ne le veuille pas et même le déteste. J'ai dit cela à cause du mot qu'il emploie, adiacet. L'homme placé sous la Loi, et qui n'est pas encore libéré par la grâce, rend donc témoignage à la Loi en reconnaissant qu'elle est bonne. Il lui rend pleinement témoignage par le fait même qu'il se reproche d'agir contre elle et qu'il découvre qu'elle est bonne pour lui, puisqu'il veut faire ce qu'elle commande mais n'en a pas la force, la concupiscence l'emportant. Et ainsi, il se voit pris dans la culpabilité de la transgression, afin d'implorer la grâce du Libérateur.”