“Elle partit, accompagnée de ses servantes et de ses eunuques. Son mari eut grand-peine à la persuader de faire route assise sur un ânon. Arrivée auprès de lui, elle dit : « Je t’en prie, par Jésus notre Dieu infiniment bon, je t’adjure par sa croix et son sang, rends-moi mes trois fils ! Fais-le pour que le nom du Seigneur Sauveur soit glorifié dans la cité des païens, pour que son serviteur entre à Gaza et que l’idole de Marnas s’effondre ! » Mais Hilarion refusait, disant qu’il ne quitterait jamais sa cellule et qu’il n’avait pas pour habitude d’entrer dans une ville. Elle se jeta alors à terre et se mit à crier sans relâche : « Hilarion, serviteur du Christ, rends-moi mes enfants ! Antoine a sauvé bien des gens en Égypte ; c’est à toi de sauver les miens en Syrie. » Tous les assistants pleuraient ; et lui-même, tout en refusant, pleurait aussi. Bref, la femme ne partit pas avant qu’il ait promis d’entrer à Gaza après le coucher du soleil. Une fois sur place, il fit le signe de la croix sur la couche de chacun des enfants et sur leurs membres brûlants de fièvre, puis il invoqua le nom de Jésus. Et, ô puissance admirable ! une sueur jaillit de leurs trois corps en même temps, comme de trois sources. À l’heure même, ils acceptèrent de la nourriture. Reconnaissant leur mère en larmes et bénissant Dieu, ils baisèrent avec ferveur les mains du saint homme.”