“Que la vie de Marie soit donc pour vous comme un portrait de la virginité, où resplendit, tel un miroir, la beauté de la chasteté et le modèle de la vertu. C’est là que vous pouvez puiser vos exemples de vie : en elle, comme en un modèle parfait, les principes de la droiture qui s'y trouvent exprimés vous montrent ce que vous devez corriger, ce que vous devez façonner et ce que vous devez conserver.”
“La première ardeur à apprendre vient de la noblesse du maître. Qui est plus noble que la Mère de Dieu ? Qui est plus resplendissante que celle que la Splendeur a choisie ? Qui est plus chaste que celle qui a engendré un corps sans subir l'atteinte de la chair ? Et que dire de ses autres vertus ? Elle était vierge, non seulement de corps mais aussi d'esprit, elle dont aucune intrigue trompeuse ne venait fausser la sincérité du cœur. Humble de cœur, mesurée dans ses paroles, prudente d'esprit, plus prompte à lire qu'à parler, elle plaçait son espérance non dans les richesses incertaines, mais dans la prière des pauvres. Appliquée à son ouvrage, pleine de réserve dans ses propos, elle avait coutume de prendre pour juge de sa conscience non pas un homme, mais Dieu. Ne blesser personne, vouloir du bien à tous, se lever devant ses aînés, ne pas jalouser ses semblables, fuir la vantardise, suivre la raison, aimer la vertu. Quand a-t-elle offensé ses parents, ne serait-ce que du regard ? Quand s'est-elle opposée à ses proches ? Quand a-t-elle méprisé une personne humble, tourné en dérision un infirme, évité un indigent ? Les seules assemblées d'hommes qu'elle avait coutume de fréquenter étaient celles où la charité pouvait se rendre sans rougir et la pudeur sans être offensée. Rien de dur dans son regard, rien de provoquant dans ses paroles, rien d'indécent dans ses actes. Nul geste affecté, nulle démarche nonchalante, nulle parole agressive ; si bien que l'apparence même de son corps était le reflet de son âme, l'expression de sa droiture. En effet, une belle demeure se reconnaît dès le seuil : l'entrée doit d'emblée révéler que nulle obscurité ne se cache à l'intérieur. Ainsi, l'âme, que n'entrave aucune barrière corporelle, brille au-dehors, telle la lumière d'une lampe placée à l'intérieur.”