St. Ambroise de Milan

Ambrosius Mediolanensis

· IVe siècle ·Nicéen ·Italie

24 citations · 17 sujets

Mais comment une créature pourrait-elle être en Dieu ? En effet, la nature de Dieu est simple, et non pas le fruit d’un assemblage ou d’une composition. Rien ne peut s’y ajouter, et elle ne possède en elle-même que le divin. Il remplit toutes choses, sans jamais se confondre avec elles ; il pénètre toutes choses, sans pouvoir être lui-même pénétré ; il est partout tout entier, présent en même temps au ciel, sur la terre et jusqu’au fond des mers. Incompréhensible à la vue, inexprimable par la parole, insaisissable à l'intelligence, c’est par la foi qu’il faut le suivre et par la piété qu’il faut le vénérer. Ainsi, comprends que tout ce que la piété peut concevoir, tout ce qu'il y a de plus admirable en matière de splendeur et de plus sublime en matière de puissance, voilà ce qui convient à Dieu.

Foi

Mais j'entends que vous vous affligez de ce qu'il n'a pas reçu le sacrement du baptême. Dites-moi : qu'y a-t-il d'autre en nous, si ce n'est la volonté, si ce n'est la demande ? Pourtant, il portait ce vœu depuis longtemps déjà : être initié avant même de venir en Italie. Tout récemment encore, il a manifesté sa volonté d'être baptisé par moi, et c'est la raison principale pour laquelle il a jugé bon de me faire venir. N'a-t-il donc pas la grâce qu'il a désirée ? N'a-t-il pas celle qu'il a demandée ? Certainement : parce qu'il l'a demandée, il l'a reçue. Et d'où vient cette parole de l'Écriture : « Le juste, quelle que soit la mort qui le surprenne, son âme sera dans le repos » ?

L’Esprit Saint

Mais ils pensent devoir objecter sa parole : « Je vis par le Père ». Assurément, s’ils appliquent cela à sa divinité, le Fils vit par le Père : parce que le Fils est issu du Père ; par le Père, parce qu’il est d’une seule substance avec le Père ; par le Père, parce que le Verbe a jailli du cœur du Père, qu’il a procédé du Père, qu’il a été engendré du sein paternel ; parce que le Père est la source du Fils, parce que le Père est la racine du Fils.

Foi

L’église observe l’obéissance sur les deux points : elle lie le péché et elle le délie. L’hérésie, au contraire, est impitoyable sur un point et désobéissante sur l’autre : elle veut lier ce qu’elle ne délie pas, et elle ne veut pas délier ce qu’elle a lié. En cela même, elle se condamne par sa propre sentence. Car le Seigneur a voulu que le droit de délier et de lier soit égal, lui qui a accordé l’un et l’autre à la même condition. Par conséquent, celui qui n’a pas le droit de délier n’a pas non plus celui de lier. En effet, tout comme, selon la parole du Seigneur, celui qui a le droit de lier a aussi celui de délier, de même leur propre affirmation les étrangle : puisqu’ils se refusent le droit de délier, ils devraient aussi se refuser celui de lier. Comment donc l’un pourrait-il être permis, et l’autre non ? Pour ceux à qui ce double pouvoir a été donné, il est évident que soit les deux sont permis, soit les deux sont interdits. À l’église, les deux sont permis ; à l’hérésie, les deux sont interdits. Car ce droit n’a été accordé qu’aux seuls prêtres. C’est donc à juste titre que l’église le revendique, elle qui a de vrais prêtres. L’hérésie ne peut le revendiquer, elle qui n’a pas les prêtres de Dieu. Mais en ne le revendiquant pas, elle prononce elle-même sa sentence : puisqu’elle n’a pas de prêtres, elle ne doit pas s’arroger le droit sacerdotal. Ainsi, dans son obstination éhontée, nous discernons un aveu plein de pudeur.

Pénitence

Comprends maintenant que, de même que le Père est source de vie, de même aussi beaucoup ont présenté le Fils comme source de vie. En effet, il est dit : « Auprès de toi, Dieu tout-puissant, ton Fils est source de vie », c’est-à-dire source de l’Esprit Saint. Car l’Esprit est vie, comme le dit le Seigneur : « Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. » Car là où est l’Esprit, là est aussi la vie ; et là où est la vie, là est aussi l’Esprit Saint.

L’Esprit Saint

Enfin, la Sagesse dit d’elle-même qu’elle est sortie de la bouche du Très-Haut, non pour se trouver hors du Père, mais auprès du Père ; car le Verbe était auprès de Dieu, et non seulement auprès du Père, mais aussi dans le Père. En effet, il dit : « Moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi. » Mais quand il sort du Père, il ne quitte pas pour autant un lieu, ni n’est séparé comme un corps l’est d’un autre ; et quand il est dans le Père, il n’y est pas non plus enfermé comme un corps dans un corps. De même, l’Esprit Saint, lorsqu’il procède du Père et du Fils, n’est pas séparé du Père, n’est pas séparé du Fils. Car comment pourrait-il être séparé du Père, lui qui est l’Esprit de sa bouche ? Cela manifeste assurément tout à la fois la marque de l’éternité et l’unité de la divinité.

L’Esprit Saint

Fort judicieusement, il est dit « un jour » et non « le premier jour ». En effet, puisqu’un deuxième, un troisième, puis les autres jours allaient suivre, on aurait pu dire « premier jour », ce qui aurait semblé logique. Mais il a été posé comme règle que les vingt-quatre heures du jour et de la nuit soient définies par le seul nom de « jour », comme pour dire : « La durée d'un jour est la mesure de vingt-quatre heures. » Car de même que l'on compte la descendance des hommes et que l'on comprend par là même celle des femmes – l'élément secondaire étant rattaché au principal –, de même les jours sont-ils comptés, et les nuits considérées comme leur étant jointes. Ainsi, à un seul cycle correspond un seul jour. D'ailleurs, nombreux sont ceux qui appellent la semaine entière « un seul jour », parce qu'elle revient en quelque sorte sur elle-même pour n'en former qu'un, se répétant pour ainsi dire sept fois. Or, la nature d'un cycle est de commencer à partir de soi-même et de revenir à soi-même. C'est pourquoi l'Écriture parle aussi parfois d'un « seul siècle ». En effet, même si en d'autres passages elle emploie le mot « siècles » au pluriel, elle semble davantage signifier par là la diversité des situations politiques ou des événements, plutôt que de définir de véritables successions de siècles. On lit en effet : « Le jour du Seigneur, grand et éclatant. » Et ailleurs : « Pourquoi donc désirez-vous le jour du Seigneur ? » Ce jour-là sera ténèbres et non lumière. Il est clair en effet que ce jour est ténébreux pour ceux qui ont mauvaise conscience et pour les indignes, ce jour où brillera l'innocence et où la conscience coupable sera tourmentée. Par ailleurs, l'Écriture nous enseigne que ce jour perpétuel de la récompense éternelle existera sans l'alternance des nuits ni la succession des ténèbres.

Les six jours de la création

À ce même Pierre qui venait de déclarer : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », il répondit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon église ; et je te donnerai les clés du royaume des cieux. » Celui donc à qui il donnait le royaume de sa propre autorité, ne pouvait-il pas affermir sa foi, lui que, en l’appelant « pierre », il désignait comme le fondement de l’église ?

Foi

Et c'est à juste titre qu'ils l'avouent pour eux-mêmes, car ils n'ont pas l'héritage de Pierre, ceux qui n'ont pas le siège de Pierre, qu'ils déchirent par une division impie. Mais c'est avec perversité qu'ils nient que les péchés puissent être pardonnés même dans l'église, alors qu'il a été dit à Pierre : « Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux » ; alors que le vase d'élection du Seigneur dit lui-même : « Si vous pardonnez à quelqu'un, je pardonne aussi ; car ce que j'ai moi-même pardonné, je l'ai fait pour vous en la personne du Christ ». Pourquoi donc lisent-ils Paul, s'ils estiment qu'il a commis une erreur si impie qu'il s'est arrogé le droit de son Seigneur ? Mais il a exercé un droit reçu, et non usurpé un droit indu.

Pénitence

La signification de ce mystère est d'ailleurs limpide. En effet, les serviteurs nés dans la maison sont une figure des Juifs, et ceux qui ont été achetés à prix d'argent, des nations qui ont cru ; car c'est par le prix du sang du Christ que l'Église a été rachetée. Ainsi, le Juif comme le Grec, et quiconque croit, doit savoir qu'il lui faut se circoncire de ses péchés pour pouvoir être sauvé. Celui qui est de la maison et l'étranger, le juste et le pécheur, qu'il soit circoncis par la rémission des péchés afin de ne plus commettre le péché ; car personne ne monte au royaume des cieux, si ce n'est par le sacrement du baptême. La justice d'autrefois ne servira à rien si, à la fin de sa vie, on a abandonné la justice. C'est pourquoi Paul dit : Vous avez été achetés à grand prix ; ne devenez pas esclaves des hommes. Car ce sont là des contraires : la servitude est contractée par le péché, et par le prix le péché est remis. 80. Nous pensons que ces quelques points, dans leur simple exposé, suffisent amplement à la compréhension. Voilà pourquoi nous ne nous livrons pas à une vaine discussion sur les cubes de la géométrie, ni sur le nombre quaternaire de la philosophie – la profession de foi pythagoricienne, comme on l'appelle –, ni sur les nombres de l'hebdomade, dits « toujours vierges ». Nous ne façonnons pas le monde au compas, nous ne cherchons pas le ciel dans la poussière et nous n'enfermons pas l'univers sur d'étroits abaques. Nous, nous dévoilons les vrais mystères : l'unique salut, c'est la résurrection du Christ. Soyons donc greffés à la ressemblance de sa mort, pour mériter de participer à sa résurrection. Et que notre vieil homme soit crucifié avec lui, afin que soit détruit ce corps de péché. 81. C'est d'ailleurs avec une grande justesse que la Loi ordonne de circoncire les enfants mâles dès les premiers vagissements de l'enfance, même ceux nés dans la maison ; car de même que le péché existe dès l'enfance, la circoncision aussi doit exister dès l'enfance. Aucun moment ne doit être privé de protection, car aucun n'est exempt de faute. Il faut aussi arracher l'enfant au péché, pour éviter qu'il ne soit souillé par la contagion de l'idolâtrie, qu'il ne s'habitue à adorer une idole et à baiser une statue, à profaner le foyer parental, à blesser la piété. De même, pour que personne ne s'enfle d'orgueil en se croyant juste, c'est à un âge déjà mûr qu'Abraham reçoit l'ordre d'être circoncis. Ainsi, ni le prosélyte âgé, ni le serviteur né dans la maison ne sont exemptés ; car tout âge est exposé au péché, et donc tout âge est apte au sacrement. 82. Et, est-il dit, mon alliance sera dans votre chair. Peut-être objectera-t-on ici : comment peux-tu parler de circoncision spirituelle, alors que l'oracle divin déclare : L'alliance de la circoncision sera dans votre chair ? Comme si la tempérance n'était exigée que pour l'âme, et non pour les passions du corps ! En effet, on recherche une certaine chasteté pour la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût, le toucher et même la voix. Car un regard trop entreprenant est déjà une faute, et c'est pourquoi il est écrit : Ne t'attache pas à la femme trompeuse, ne te laisse pas prendre par ses yeux, ni ravir par ses paupières. L'ouïe elle-même devient une faute, si une prostituée te séduit et t'enchaîne par ses paroles très flatteuses et les pièges de ses lèvres. Le toucher lui-même est une faute ; c'est pourquoi il t'est dit : Ne fréquente pas trop la femme d'autrui, et ne retiens pas dans tes étreintes celle qui n'est pas tienne. La voix aussi peut être coupable. Car les lèvres d'un homme sont pour lui un piège redoutable, et il est égaré par les paroles de sa propre bouche. Et ne mange pas trop de miel, de peur de le vomir. Il faut donc une modération rigoureuse pour tous les sens, afin que ni l'impulsion n'entraîne au vice, ni l'excès ne nuise, ni le retard ne soit une occasion de chute. 83. Ce n'est d'ailleurs ni sans raison ni de façon superflue que beaucoup, semble-t-il, sont troublés par le passage suivant. Pourquoi le Seigneur a-t-il dit : Le mâle qui n'aura pas été circoncis, celui qui n'aura pas circoncis la chair de son prépuce le huitième jour, cette âme-là périra du milieu de son peuple, car il a rompu mon alliance ? On juge en effet grave que la négligence des parents puisse nuire à un nourrisson de huit jours, au point que son âme périsse, alors que la Loi elle-même a prévu des cités de refuge pour l'homicide involontaire, où il peut, en s'y réfugiant, obtenir d'échapper à la peine pour le sang versé. Comment donc, dans un cas, tient-on compte d'un meurtre accidentel, et, dans l'autre, ne tient-on pas compte de la petite enfance, où il ne pouvait y avoir de faute, ni par dissimulation, ni par volonté ? À moins que certains ne pensent que les parents sont plus gravement punis par la mort de leur fils. Mais il est jugé injuste que la faute des coupables entraîne un châtiment pour l'innocent, ou que, pour punir le coupable, l'innocent soit puni et devienne le partenaire d'un supplice qu'il n'a pas mérité. C'est pourquoi certains pensent que l'extermination annoncée concerne le parent, que c'est son âme qui périt, et non celle du petit enfant. Mais cela reste très ambigu, bien que l'affirmation car il a rompu mon alliance semble plaider en faveur de cette thèse. Cette parole paraît en effet s'appliquer à une personne douée d'intelligence plutôt qu'à un nourrisson. D'autres pensent que le Seigneur Dieu menace, même par son silence, les parents de châtiments plus graves, afin que les aînés craignent davantage, puisqu'un nourrisson lui-même n'est pas épargné. 84. Pour ma part, il me paraît tout à fait clair que cette parole vise l'esprit de chacun. Nous avons en effet expliqué que le mot « mâle » désigne l'esprit, en raison de sa vigueur puissante, capable d'attirer l'âme pour s'unir à elle et de s'imposer par sa force, comme le ferait le sexe le plus fort. Voici donc le sens : tout esprit qui n'aura pas été circoncis de ses superfluités corporelles et purifié par le don solennel pour se dépouiller des passions et des vices, périra. Ce n'est pas la chair, est-il dit, qui périra, ni l'homme, mais c'est cette âme-là qui périra, parce qu'elle aurait pu être sauvée si elle avait reçu la purification. Dépourvue de protection et affaiblie par la souillure d'un cœur incirconcis, elle n'a pu préserver le salut de sa propre nature. Or, tout genre semble immortel : « l'homme » est un genre, « un tel » est un individu. Le terme « homme » est permanent, l'individu ne l'est pas ; ou plutôt, ce n'est pas l'individu en soi qui disparaît. Celui qui n'a pas la foi périt ; c'est la personne individuelle qui périt, non la condition ou le nom d'homme. Le pécheur est donc arraché à ce qui est durable et sans danger pour être conduit à ce qui est temporel et nuisible ; il doit imputer à l'infantilisme de son propre esprit son imprudence et son intempérance, ou le fait de ne pas avoir obtenu la rémission des péchés. Car si quelqu'un ne renaît de l'eau et de l'Esprit Saint, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce passage n'excepte manifestement personne : ni le nourrisson, ni celui qui serait empêché par une quelconque nécessité. Qu'ils bénéficient, cependant, de cette mystérieuse immunité face aux châtiments, je ne sais s'ils ont pour autant l'honneur du royaume.

Abraham, 2:11:79–84 — 37

Bien que nous soyons baptisés dans l'eau et dans l'Esprit, celui-ci est de loin supérieur à celle-là ; il ne faut donc pas le séparer du Père et du Fils. Pourtant, nombreux sont ceux qui, du fait que nous sommes baptisés dans l'eau et dans l'Esprit, pensent que les dons de l'un et de l'autre ne sont pas distincts, et en concluent que leur nature ne l'est pas non plus. Ils ne comprennent pas que si nous sommes ensevelis dans l'élément de l'eau, c'est pour ressusciter, renouvelés par l'Esprit. En effet, dans l'eau se trouve l'image de la mort, et dans l'Esprit le gage de la vie. Ainsi, par l'eau, qui enferme le corps comme dans une sorte de tombeau, le corps du péché meurt ; et par la puissance de l'Esprit, nous sommes renouvelés de la mort du péché, en renaissant en Dieu.

L’Esprit Saint, 1:6:75–76

C’est pourquoi tu as lu que les trois témoins dans le baptême sont un : l’eau, le sang et l’Esprit. Car si tu en retires un seul, il n’y a plus de sacrement du baptême. En effet, qu’est-ce que l’eau sans la croix du Christ ? Un élément ordinaire, sans aucun effet sacramentel. Inversement, sans eau, il n’y a pas de mystère de la régénération : « Si quelqu’un ne renaît pas de l’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » Or, le catéchumène croit lui aussi en la croix du Seigneur Jésus, dont il est lui-même marqué ; mais s’il n’est pas baptisé au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, il ne peut recevoir la rémission des péchés, ni puiser le don de la grâce spirituelle.

Les Mystères

Quant à nous, enfants de Dieu et fils de paix, nous qui proclamons la sainte et droite parole de la piété, nous annonçons un Dieu unique : le Seigneur de la Loi et des Prophètes, le créateur de tout ce qui existe, le Père du Christ. Il n'est ni cause de lui-même ni né de lui-même, comme le prétendent certains, mais il est éternel, sans commencement, et demeure dans l'inaccessible. Il n'est ni le deuxième, ni le troisième, ni un parmi tant d'autres, mais le seul qui soit de toute éternité. Il n'est ni inconnaissable ni indicible, mais il est proclamé par la Loi et les Prophètes ; il est le Tout-Puissant, le souverain de l'univers, celui qui détient tout pouvoir. Il est Dieu et Père du Fils unique, premier-né de toute la création ; un seul Dieu, Père d'un seul Fils — et non de plusieurs —, source d'un seul Paraclet par le Christ, et créateur des autres ordres. Il est l'unique créateur de toute la création par le Christ ; c'est lui qui, par le Christ, exerce la providence et qui est l'auteur de la loi, de la résurrection, du jugement et de la rétribution. Nous confessons que ce même Christ s'est fait homme, qu'il a vécu sans péché, a souffert, est mort, est ressuscité des morts et est monté vers celui qui l'avait envoyé. Nous affirmons que toute créature de Dieu est bonne et que rien n'est à rejeter. Tout ce dont on use avec action de grâce est excellent, car, selon l'Écriture : « Tout était très bon ». Nous croyons que le mariage légitime et la procréation sont chose honorable et pure, car c'est pour la croissance du genre humain que la différence des sexes a été façonnée en Adam et Ève. Nous confessons que l'âme qui est en nous est immortelle : non pas corruptible comme les corps, mais immortelle parce que douée de raison et de libre arbitre. Nous avons en abomination toute union illégitime et toute pratique contre-nature, les considérant comme impies et comme une souillure. Nous confessons qu'il y aura une résurrection, tant des justes que des injustes, ainsi qu'une rétribution. Nous confessons que le Christ n'est pas un simple homme, mais Dieu Verbe et homme, « médiateur entre Dieu et les hommes », principe qui vient du Père. Nous ne pratiquons pas la circoncision avec les Juifs, sachant que le Christ est la fin de la Loi, celui en vue de qui l'alliance fut observée, salut désormais non seulement des Juifs mais des nations. Jésus le Christ, celui qui est issu de Juda, le fils né de Marie, celui qui vient du Père par l'Esprit Saint, et « dont la souveraineté repose sur son épaule ».

Sympathie à la mort de Valentinien

Lui-même dit aussi : « Moi et le Père, nous sommes un » (Jn 10, 30). Il a dit « un » pour qu’il n’y ait pas de séparation de puissance et de nature ; il a ajouté « nous sommes » pour que tu reconnaisses le Père et le Fils, et que l'on croie que le Père parfait a engendré le Fils parfait, et que le Père et le Fils sont un, non par confusion de personne, mais par unité de nature. Nous proclamons donc un seul Dieu, et non deux ou trois dieux ; c'est là l'erreur où tombe l'hérésie impie des Ariens, alors même qu'elle nous en accuse. En effet, elle proclame trois dieux, elle qui divise la divinité de la Trinité, alors que le Seigneur, en disant : « Allez, baptisez les nations au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit », a montré que la Trinité est d'une seule et même puissance. Pour notre part, nous confessons le Père, le Fils et le Saint-Esprit, de telle sorte que dans la Trinité parfaite se trouvent à la fois la plénitude de la divinité et l'unité de la puissance.

Foi, 1:1:9-10

Tu diras peut-être : « Je vois autre chose ; comment peux-tu m'affirmer que je reçois le corps du Christ ? » C'est donc ce qu'il nous reste à prouver. Et pour cela, de quels nombreux exemples nous servons-nous ! Prouvons qu'il ne s'agit pas là de ce que la nature a façonné, mais de ce que la bénédiction a consacré, et que la puissance de la bénédiction l'emporte sur celle de la nature, puisque par la bénédiction la nature elle-même est changée. C'est pourquoi l'Église, voyant une si grande grâce, exhorte ses fils, exhorte ses proches, à accourir aux sacrements, en disant : « Mangez, mes proches, buvez et enivrez-vous, mes frères ! » Ce que nous devons manger, ce que nous devons boire, l'Esprit Saint te l'a exprimé ailleurs par la voix du Prophète, en disant : « Goûtez et voyez comme le Seigneur est bon ; heureux l'homme qui espère en lui. » Dans ce sacrement se trouve le Christ, car c'est le corps du Christ. Ce n'est donc pas une nourriture corporelle, mais spirituelle. C'est pourquoi l'Apôtre dit, à propos de ce qui en était la figure : « Nos pères ont mangé une nourriture spirituelle et bu un breuvage spirituel » ; en effet, le corps de Dieu est un corps spirituel. Le corps du Christ est le corps de l'Esprit divin, car le Christ est Esprit, comme nous le lisons : « L'Esprit qui est devant notre face, c'est le Christ Seigneur. » Et nous lisons dans l'Épître de Pierre : « Le Christ est mort pour nous. » Enfin, cette nourriture fortifie notre cœur, et ce breuvage réjouit le cœur de l'homme, comme l'a rappelé le Prophète.

Foi, 9:50-58

Nous avons vu le Prince des prêtres venir à nous ; nous l'avons vu et entendu offrir son sang pour nous. Nous, prêtres, nous le suivons, autant que nous le pouvons, afin d'offrir pour le peuple le sacrifice. Nous sommes faibles par nos propres mérites, c'est vrai, mais ce sacrifice nous rend honorables. Car même si, à présent, on ne voit pas le Christ offrir, c'est lui-même qui est offert sur la terre quand le corps du Christ est offert. Bien plus, il est manifeste que c'est lui-même qui offre en nous, lui dont la parole sanctifie le sacrifice qui est offert. Et lui, certes, se tient auprès du Père comme notre avocat, mais à présent, nous ne le voyons pas. Nous le verrons alors, quand l'image aura disparu et que la vérité sera venue. Alors, ce ne sera plus à travers un miroir, mais face à face, que l'on verra les réalités parfaites.

Tu répudies donc ton épouse comme si c’était ton droit, sans qu’elle ait commis de faute ; et tu t’imagines que cela t’est permis parce que la loi humaine ne l’interdit pas, mais la loi divine l’interdit. Toi qui obéis aux hommes, crains Dieu. Écoute la loi du Seigneur, à laquelle se soumettent même ceux qui font les lois : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Mt 19, 6).

Commentaire sur Luc

Que la vie de Marie soit donc pour vous comme un portrait de la virginité, où resplendit, tel un miroir, la beauté de la chasteté et le modèle de la vertu. C’est là que vous pouvez puiser vos exemples de vie : en elle, comme en un modèle parfait, les principes de la droiture qui s'y trouvent exprimés vous montrent ce que vous devez corriger, ce que vous devez façonner et ce que vous devez conserver.

Vierges

La première ardeur à apprendre vient de la noblesse du maître. Qui est plus noble que la Mère de Dieu ? Qui est plus resplendissante que celle que la Splendeur a choisie ? Qui est plus chaste que celle qui a engendré un corps sans subir l'atteinte de la chair ? Et que dire de ses autres vertus ? Elle était vierge, non seulement de corps mais aussi d'esprit, elle dont aucune intrigue trompeuse ne venait fausser la sincérité du cœur. Humble de cœur, mesurée dans ses paroles, prudente d'esprit, plus prompte à lire qu'à parler, elle plaçait son espérance non dans les richesses incertaines, mais dans la prière des pauvres. Appliquée à son ouvrage, pleine de réserve dans ses propos, elle avait coutume de prendre pour juge de sa conscience non pas un homme, mais Dieu. Ne blesser personne, vouloir du bien à tous, se lever devant ses aînés, ne pas jalouser ses semblables, fuir la vantardise, suivre la raison, aimer la vertu. Quand a-t-elle offensé ses parents, ne serait-ce que du regard ? Quand s'est-elle opposée à ses proches ? Quand a-t-elle méprisé une personne humble, tourné en dérision un infirme, évité un indigent ? Les seules assemblées d'hommes qu'elle avait coutume de fréquenter étaient celles où la charité pouvait se rendre sans rougir et la pudeur sans être offensée. Rien de dur dans son regard, rien de provoquant dans ses paroles, rien d'indécent dans ses actes. Nul geste affecté, nulle démarche nonchalante, nulle parole agressive ; si bien que l'apparence même de son corps était le reflet de son âme, l'expression de sa droiture. En effet, une belle demeure se reconnaît dès le seuil : l'entrée doit d'emblée révéler que nulle obscurité ne se cache à l'intérieur. Ainsi, l'âme, que n'entrave aucune barrière corporelle, brille au-dehors, telle la lumière d'une lampe placée à l'intérieur.

Vierges

Viens donc, et cherche ta brebis, non plus par des serviteurs, non plus par des mercenaires, mais par toi-même. Accueille-moi dans la chair, celle qui est tombée en Adam. Accueille-moi, non de Sara, mais de Marie, afin qu’elle soit une vierge demeurée intacte, mais une vierge par la grâce, entièrement préservée de toute souillure du péché. Porte-moi sur la croix, salut des égarés, seul repos pour ceux qui sont fatigués, seule vie pour tous ceux qui meurent.

Commentaires sur les Psaumes

Elle a bien éprouvé l'affection d'une mère, mais n'a pas cherché le secours d'un autre. Imitez-la, saintes mères, elle qui, en son fils unique et bien-aimé, a offert un si grand exemple de vertu maternelle ; car vous n'avez pas d'enfants plus chers, et la Vierge ne cherchait pas non plus la consolation de pouvoir engendrer un autre fils.

Lettres, 63:111

Comme j'ai l'habitude de ne rien laisser ignorer à votre Sainteté de ce qui se passe ici en votre absence, sachez que nous avons aussi découvert de saints martyrs. En effet, alors que je dédicaçais une basilique, beaucoup de fidèles se sont mis à m'interpeller comme d'une seule voix, en disant : « Dédicacez-la comme la basilique de Rome ! » J'ai répondu : « Je le ferai, si je trouve des reliques de martyrs. » Aussitôt, la ferveur d'un pressentiment m'a envahi. Bref, le Seigneur nous a fait cette grâce. Malgré la crainte des clercs eux-mêmes, j'ai ordonné de déblayer la terre à l'endroit qui se trouve devant les grilles du tombeau des saints Félix et Nabor. J'ai trouvé des signes concordants. Ayant aussi fait venir des personnes sur qui nous devions imposer les mains, les saints martyrs commencèrent à se manifester à tel point que, alors que nous gardions encore le silence, une femme possédée fut saisie et jetée face contre terre sur le lieu même de la sainte sépulture. Nous avons trouvé deux hommes d'une taille extraordinaire, tels que les temps anciens en produisaient. Tous les os étaient intacts, le sang très abondant. Durant ces deux jours, l'affluence du peuple a été immense. Bref, nous avons tout disposé dans l'ordre et, à la tombée du soir, nous les avons transportées à la basilique de Fausta. Là, il y eut une veillée toute la nuit, avec imposition des mains. Le jour suivant, nous les avons transférées dans la basilique que l'on nomme l'Ambrosienne. Pendant le transfert, un aveugle a été guéri.

Lettres, 22:1-2

Chose étonnante : alors qu'ils ne croient pas à la résurrection, par une sorte de douce bienveillance, ils veillent cependant à ce que le genre humain ne périsse pas. C'est pourquoi ils affirment que les âmes passent et migrent dans d'autres corps, afin que le monde ne disparaisse pas. Mais qu'ils le disent eux-mêmes, ce qui est le plus difficile : que les âmes transmigrent ou qu'elles reviennent, qu'elles reprennent ce qui fut à elles ou qu'elles en cherchent de nouveaux. 66. Qu'ils doutent, ceux qui n'ont pas reçu cet enseignement. Quant à nous, qui lisons la Loi, les prophètes, les apôtres et l'Évangile, il ne nous est pas permis de douter. Qui, en effet, pourrait douter en lisant : « Et en ce temps-là, tout ton peuple qui se trouvera inscrit dans le livre sera sauvé ; et une multitude de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se lèveront d'un seul coup, les uns pour la vie éternelle, les autres pour l'opprobre et la honte éternelle. Ceux qui auront compris resplendiront comme la splendeur du firmament et, parmi les justes, beaucoup brilleront comme les étoiles, à jamais » (Dn 12, 1 s.) ? C'est donc à juste titre que le prophète a parlé du repos de « ceux qui dorment », pour nous faire comprendre que la mort n'est pas définitive. À l'image du sommeil, elle ne dure qu'un temps, puis elle prend fin. Il montre ainsi que la vie à venir représente un progrès supérieur à celle qui, avant la mort, se déroule dans le chagrin et la douleur. En effet, l'une est comparée aux étoiles, tandis que l'autre est livrée à la souffrance.

Sur la mort de Satyrus, 2:65-66

Faut-il vraiment retenir l'avis de ceux qui prétendent que nos âmes, une fois sorties de ce corps, passent dans le corps de bêtes sauvages et d'animaux de toutes sortes ? Pourtant, les philosophes eux-mêmes ont coutume d'expliquer que ce ne sont là que des fictions de poètes, forgées grâce aux séductions des breuvages de Circé. Ils soutiennent d'ailleurs que ce ne sont pas tant ceux qui sont censés avoir subi ces transformations, mais bien l'esprit de ceux qui les ont imaginées, qui a été changé en divers monstres bestiaux, comme par la coupe de Circé. En effet, qu'y a-t-il de plus prodigieux que de croire que des hommes aient pu être changés en bêtes sauvages ? N'est-ce pas un prodige bien plus grand de voir l'âme, qui gouverne l'homme et qui est capable de raison, adopter la nature des bêtes – une nature hostile au genre humain – et pouvoir passer dans un animal irrationnel, que de voir la seule apparence du corps se transformer ? Vous-mêmes, qui enseignez cela, vous le réfutez. Car vous avez présenté ces genres de conversions monstrueuses comme étant le résultat de formules magiques.

Sur la mort de Satyrus