Marie pleine de grâce
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Marie pleine de grâce — selon la salutation de l'archange Gabriel (Lc 1, 28) — a reçu de Dieu plusieurs prérogatives uniques pour devenir la digne Mère du Sauveur : Nouvelle Ève, Immaculée Conception, maternité spirituelle de tous les chrétiens, Assomption corporelle. La clef d…
“Et une vierge devint mère par une grande miséricorde. Elle fut en travail et enfanta un fils sans douleur, car ce n'était pas en vain. Elle n'eut pas besoin de sage-femme, car c'est lui qui lui donna la vie.”
— Odes de Salomon, 19 / p.204
“Près de ce lieu, je vis un autre endroit de détresse, où le sanie et la puanteur des suppliciés s’écoulaient et formaient comme un lac. Des femmes y étaient assises, plongées dans cette corruption jusqu’au cou. En face d’elles, de nombreux enfants, nés avant terme, étaient assis et pleuraient ; des flammes de feu jaillissaient d’eux et venaient frapper les femmes aux yeux. C’étaient celles qui, ayant conçu à la légère, avaient ensuite fait périr leur enfant.”
— Ascension d’Isaïe, 11:12-14
“...et qu’il s’est fait homme par une vierge, afin que, par la voie même où la désobéissance issue du serpent avait pris son commencement, par cette voie elle trouve aussi son abolition. En effet, Ève, qui était vierge et incorruptible, conçut la parole venue du serpent et enfanta la désobéissance et la mort. La vierge Marie, en revanche, accueillit la foi et la joie lorsque l'ange Gabriel lui annonça la bonne nouvelle que l'Esprit du Seigneur viendrait sur elle et que la puissance du Très-Haut la couvrirait de son ombre, et que pour cette raison l'être saint qui naîtrait d'elle est le Fils de Dieu ; elle répondit : « Qu'il me soit fait selon ta parole. » Et c'est par elle que celui-ci est né...”
“Ainsi donc, nous, tes serviteurs, avons jugé qu'il était juste que toi qui règnes dans la gloire après avoir vaincu la mort, tu ressuscites le corps de ta mère et l'emmènes avec toi, pleine de joie, au ciel. Alors le Sauveur dit : « Qu'il en soit fait selon votre parole. »”
— Passage de la Vierge, PG.6.279-280
“Par conséquent, la vierge Marie se révèle obéissante, en disant : « Voici ta servante, Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole. » Ève, en revanche, fut désobéissante : elle n’a pas obéi, alors qu’elle était encore vierge. Ainsi, le nœud de la désobéissance d’Ève — qui, bien qu’ayant pour mari Adam, était encore vierge (« car ils étaient tous deux nus » au paradis « et n’en avaient pas honte », puisque, créés peu de temps auparavant, ils n’avaient pas la connaissance de la procréation : il fallait en effet qu’ils grandissent d’abord pour ensuite se multiplier) — a été dénoué par l’obéissance de Marie. Car ce qui est lié ne se dénoue que par une action inverse. Le premier lien a été noué par la désobéissance d’Ève, alors qu’elle était vierge, avec l’homme. Et ce lien, la vierge Marie l’a dénoué par l’obéissance et la foi, tout comme la vierge Ève l’avait noué par son incrédulité. C’est donc par la foi que la vierge Marie l’a dénoué. Car ce qui avait été lié par la désobéissance d’Ève, qui avait un mari, la vierge Marie l’a dénoué par la foi. C’est pourquoi la Loi appelle « épouse » celle qui est fiancée à un homme, même si elle est encore vierge, signifiant par là la récapitulation qui s’opère de Marie à Ève. En effet, ce qui a été noué ne peut être dénoué autrement qu’en parcourant en sens inverse les étapes mêmes de ce qui a noué, afin que les premiers liens soient dénoués par les seconds, et que les seconds, à leur tour, libèrent les premiers. Il advient ainsi que le premier lien soit dénoué par le second nouage, et que le second nouage, à son tour, tienne lieu de solution pour le premier. C’est pourquoi le Seigneur disait que les premiers seraient les derniers, et les derniers, les premiers. De même, le Prophète signifie la même chose quand il dit : « Au lieu de tes pères, tu auras des fils ». Le Seigneur, né « Premier-né d’entre les morts », a accueilli en lui les pères d’autrefois et les a régénérés à la vie. Dieu lui-même est devenu le commencement des vivants, de même qu’Adam était devenu celui des mourants. C’est aussi pourquoi Luc, en commençant la généalogie du Seigneur, la fait remonter jusqu’à Adam, pour signifier que ce ne sont pas les ancêtres qui l’ont régénéré, lui, mais que c’est lui qui les a régénérés, eux, à la vie de l’Évangile.”
“En vérité, toi et ta mère, vous seuls êtes en tout point et parfaitement beaux ; car en toi, Seigneur, il n’y a aucun défaut, ni dans ta mère aucune souillure. Mes enfants, en revanche, ne sont en rien semblables à ces deux beautés.”
— Hymnes de Nisibe, Latin : p. 122 --- Syriaque p.60
“CHAPITRE IV. Des apôtres et de la bienheureuse Marie. Ainsi, après la gloire admirable de l'Ascension du Seigneur (an 33, 14 mai) qui, en écrasant la tête de la perfidie diabolique, a encouragé l'esprit des fidèles à contempler les réalités célestes, les saints apôtres de notre Seigneur et Sauveur, rassemblés avec la bienheureuse Marie sa mère dans une seule maison, mettaient tout en commun. Personne ne disait qu'un bien lui appartenait en propre ; au contraire, chacun possédait tout dans la charité, comme le rapporte le récit sacré des Actes des Apôtres (Ac 4, 34). Ensuite, ils se dispersèrent dans diverses régions pour prêcher la parole de Dieu (an 36). Enfin, lorsque la bienheureuse Marie eut achevé le cours de sa vie terrestre et qu'elle fut sur le point d'être rappelée de ce monde, tous les apôtres, venus de leurs régions respectives, se rassemblèrent dans sa maison (an 48). Apprenant qu'elle allait être enlevée de ce monde, ils veillaient tous ensemble avec elle. Et voici que le Seigneur Jésus arriva avec ses anges ; il prit son âme, la confia à l'archange Michel, puis se retira. À l'aube, les apôtres soulevèrent son corps avec sa litière, le déposèrent dans un tombeau et le gardèrent, dans l'attente de la venue du Seigneur. Et voici que le Seigneur se présenta de nouveau à eux ; il ordonna que le saint corps soit enlevé et emporté sur une nuée jusqu'au paradis. C'est là que maintenant, ayant retrouvé son âme, Marie exulte avec les élus du Seigneur et jouit des biens de l'éternité, qui ne connaîtront jamais de fin.”
— Huit livres des miracles, Livre 1, Chapitre 4
“Que la vie de Marie soit donc pour vous comme un portrait de la virginité, où resplendit, tel un miroir, la beauté de la chasteté et le modèle de la vertu. C’est là que vous pouvez puiser vos exemples de vie : en elle, comme en un modèle parfait, les principes de la droiture qui s'y trouvent exprimés vous montrent ce que vous devez corriger, ce que vous devez façonner et ce que vous devez conserver.”
— Vierges
“La première ardeur à apprendre vient de la noblesse du maître. Qui est plus noble que la Mère de Dieu ? Qui est plus resplendissante que celle que la Splendeur a choisie ? Qui est plus chaste que celle qui a engendré un corps sans subir l'atteinte de la chair ? Et que dire de ses autres vertus ? Elle était vierge, non seulement de corps mais aussi d'esprit, elle dont aucune intrigue trompeuse ne venait fausser la sincérité du cœur. Humble de cœur, mesurée dans ses paroles, prudente d'esprit, plus prompte à lire qu'à parler, elle plaçait son espérance non dans les richesses incertaines, mais dans la prière des pauvres. Appliquée à son ouvrage, pleine de réserve dans ses propos, elle avait coutume de prendre pour juge de sa conscience non pas un homme, mais Dieu. Ne blesser personne, vouloir du bien à tous, se lever devant ses aînés, ne pas jalouser ses semblables, fuir la vantardise, suivre la raison, aimer la vertu. Quand a-t-elle offensé ses parents, ne serait-ce que du regard ? Quand s'est-elle opposée à ses proches ? Quand a-t-elle méprisé une personne humble, tourné en dérision un infirme, évité un indigent ? Les seules assemblées d'hommes qu'elle avait coutume de fréquenter étaient celles où la charité pouvait se rendre sans rougir et la pudeur sans être offensée. Rien de dur dans son regard, rien de provoquant dans ses paroles, rien d'indécent dans ses actes. Nul geste affecté, nulle démarche nonchalante, nulle parole agressive ; si bien que l'apparence même de son corps était le reflet de son âme, l'expression de sa droiture. En effet, une belle demeure se reconnaît dès le seuil : l'entrée doit d'emblée révéler que nulle obscurité ne se cache à l'intérieur. Ainsi, l'âme, que n'entrave aucune barrière corporelle, brille au-dehors, telle la lumière d'une lampe placée à l'intérieur.”
— Vierges
“Viens donc, et cherche ta brebis, non plus par des serviteurs, non plus par des mercenaires, mais par toi-même. Accueille-moi dans la chair, celle qui est tombée en Adam. Accueille-moi, non de Sara, mais de Marie, afin qu’elle soit une vierge demeurée intacte, mais une vierge par la grâce, entièrement préservée de toute souillure du péché. Porte-moi sur la croix, salut des égarés, seul repos pour ceux qui sont fatigués, seule vie pour tous ceux qui meurent.”
“Ensuite, il mentionne ceux « dont on rapporte non seulement qu’ils n’ont pas péché, mais encore qu’ils ont vécu dans la justice » : Abel, Hénoch, Melchisédech, Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Josué fils de Navé, Phinées, Samuel, Nathan, Élie, Élisée, Michée, Daniel, Ananias, Azarias, Misaël, Ézéchiel, Mardochée, Siméon, Joseph, l’époux de la vierge Marie, et Jean. Il y ajoute aussi des femmes : « Débora, Anne la mère de Samuel, Judith, Esther, l’autre Anne, fille de Phanuel, Élisabeth, et même la mère de notre Seigneur et Sauveur, dont il dit que la piété nous oblige à la reconnaître sans péché. » À l’exception donc de la sainte Vierge Marie, au sujet de laquelle, par honneur pour le Seigneur, je ne veux absolument pas que l’on soulève la moindre question quand il s’agit des péchés — car, comment savoir quel surcroît de grâce lui a été accordé pour vaincre en tout point le péché, elle qui a mérité de concevoir et d’enfanter celui dont il est certain qu’il n’eut aucun péché ? —, cette Vierge donc mise à part, si nous pouvions rassembler tous ces saints et toutes ces saintes, du temps où ils vivaient ici-bas, et leur demander s’ils étaient sans péché, que pensons-nous qu’ils auraient répondu ? Je vous le demande : ce que prétend cet individu, ou bien ce que dit l’apôtre Jean ? Aussi éminente qu’ait été leur sainteté en ce corps, si on avait pu les interroger, ils auraient tous crié d’une seule voix : « Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous trompons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous. » Mais peut-être auraient-ils répondu ainsi par humilité plus que par vérité ? Pourtant, notre homme admet désormais, et à juste titre, qu’il ne faut pas « mettre la louange de l’humilité du côté du mensonge ». Ainsi, s’ils disaient vrai en affirmant cela, c’est qu’ils auraient un péché ; et parce qu’ils l’avoueraient avec humilité, la vérité serait en eux. Mais s’ils mentaient en disant cela, ils n’en auraient pas moins un péché, puisque la vérité ne serait pas en eux.”
“Alors qu'elle priait ainsi, le Seigneur dit à sa propre mère : « Réjouis-toi et que ton cœur exulte. Car toute grâce et tout don t'ont été accordés par mon Père qui est dans les cieux, par moi et par l'Esprit Saint. Toute âme qui invoquera ton nom ne sera jamais confondue, mais elle trouvera miséricorde, réconfort, secours et assurance, dans le siècle présent comme dans le siècle à venir, devant mon Père qui est aux cieux. »”
— Dormition de Marie, P. 109 / 116 - sec 42
“Le troisième jour étant achevé, on n’entendit plus les voix. C'est ainsi que tous comprirent que son corps immaculé et précieux avait été transféré au paradis.”
— Dormition de Marie, p. 111 / 118 - sec 48
“Voilà pourquoi la Vierge demeure jusqu'à ce jour immortelle, elle que Celui qui a habité en elle a fait passer dans les lieux de son assomption.”