Dieu n'a pas de corps
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Dieu n’a pas de corps, or certains groupes, notamment les Mormons, affirment que Dieu le Père en possède un. Ces dernières années, cette idée s’est également retrouvée dans certains milieux protestants américains, en particulier dans le monde pentecôtiste. Des évangéliques tels…
“Notre Dieu n'a pas son origine dans le temps : seul sans commencement, il est lui-même le principe de toutes choses. Dieu est esprit, non un souffle qui pénètre la matière, mais le créateur des esprits matériels et des formes qu'elle contient. Invisible et intangible, il est lui-même le Père de tout ce qui est sensible et visible.”
“Qui donc ne s’étonnerait d’entendre traiter d’athées ceux qui professent un Dieu Père, un Fils qui est Dieu et un Esprit Saint, tout en démontrant à la fois leur puissance dans l’unité et leur distinction dans l’ordre ?”
“On peut bien parler de la sorte à propos des hommes, puisqu’ils sont de nature composite et qu’ils subsistent d’un corps et d’une âme. Mais ceux qui affirment que l’Intellection a été émise par Dieu, et d’elle l’Esprit, puis d’eux le Verbe, doivent être critiqués. Premièrement, pour avoir utilisé à mauvais escient le terme d’« émissions » ; ensuite, pour décrire les affects, les passions et les intentions de l’esprit humain tout en ignorant Dieu. Eux qui appliquent au Père de l’univers les processus mêmes qui se produisent chez les hommes lorsqu’ils parlent ! Ce Père, ils le disent inconnu de tous, niant qu’il ait lui-même fait le monde – de peur qu’on ne le juge trop petit –, mais lui attribuent les affects et les passions des hommes. S’ils connaissaient les Écritures et s’ils étaient instruits par la vérité, ils sauraient bien que Dieu n’est pas comme les hommes, et que ses pensées ne sont pas comme les pensées des hommes. Car le Père de l’univers est très différent des affects et des passions qui naissent chez les hommes. Il est simple, non composite, de nature homogène, entièrement semblable et égal à lui-même. Il est tout entier perception, tout entier esprit, tout entier conscience, tout entier pensée, tout entier raison, tout entier ouïe, tout entier regard, tout entier lumière et tout entier source de tous les biens. Voilà comment il convient aux personnes religieuses et pieuses de parler de Dieu.”
“On ne saurait l'appeler à juste titre « le tout ». En effet, le terme de « tout » s'applique à une grandeur, alors que lui est le Père de toutes choses. Il ne faut pas non plus dire qu'il ait des parties, car l'Un est indivisible. C'est pourquoi il est également infini : non pas au sens où on ne pourrait le parcourir, mais parce qu'il est sans dimension et n'a pas de fin. Il est par conséquent sans forme et sans nom.”
Traduction française à venir.
“Puisque donc notre esprit ne peut par lui-même contempler Dieu tel qu'il est, c'est à partir de la beauté de ses œuvres et de la splendeur des créatures qu'il conçoit l'Auteur de l'univers. Il ne faut donc pas penser que Dieu soit un corps, ni qu'il se trouve dans un corps, mais qu'il est une nature intellectuelle simple, qui n'admet en elle absolument aucune composition ; de sorte qu'on ne puisse croire qu'il y ait en lui une partie supérieure et une partie inférieure, mais qu'il soit en tout point une Monade et, pour ainsi dire, une Unité, l'intelligence et la source d'où toute nature intellectuelle, ou tout esprit, tire son origine.”
“Jean, d’ailleurs, en disant dans l’Évangile : « Personne n’a jamais vu Dieu », déclare manifestement à tous ceux qui peuvent comprendre qu’il n’existe aucune nature pour qui Dieu soit visible ; non pas comme s’il était visible par nature et ne faisait, pour ainsi dire, qu’échapper et surpasser le regard d’une créature plus fragile, mais bien parce que, par nature, il est impossible de le voir.”
“Tout d'abord, il faut comprendre que Dieu est incorporel et qu'il n'est pas constitué des diverses parties et fonctions qui composent un corps. En effet, nous lisons dans l'Évangile : « Dieu est esprit », c'est-à-dire une nature invisible, immense, qui demeure en elle-même et qui est éternelle. Il est également écrit : « un esprit n'a ni chair ni os ». C'est en effet de cela que sont faits les membres du corps, dont la substance de Dieu n'a aucun besoin. Quant à Dieu, qui est à la fois partout et en toutes choses, il est tout entier écoute, tout entier vision, tout entier action, tout entier mouvement.”
— Commentaires sur les Psaumes, Tractatus in Psalmum CXXIX, n. 3
“Mais les énergies sont diverses, tandis que l'essence est simple. Nous, nous affirmons connaître notre Dieu à partir de ses énergies, mais nous ne prétendons pas pouvoir approcher son essence même. Car ses énergies descendent jusqu'à nous, alors que son essence demeure inaccessible.”
— Lettres
“Jamais un tel dogme n’a existé et jamais il ne verra le jour dans l’Église de Dieu : un dogme qui présenterait l’être simple et sans composition non seulement comme multiple et divers, mais même comme un composé de contraires. En effet, la simplicité des dogmes de la vérité pose Dieu comme ce qu’il est : un être incapable d’être saisi par un nom, par une pensée ou par quelque autre conception de l’esprit, puisqu’il demeure plus élevé non seulement que la compréhension humaine, mais aussi que l’intelligence angélique et toute intelligence supracosmique. Il est ineffable, indicible, et supérieur à tout ce que les mots peuvent signifier. Il n’a qu’un seul nom qui caractérise sa nature propre : le fait d’être, lui seul, « au-dessus de tout nom ». Ce nom, il l’a d’ailleurs aussi accordé par grâce au Fils unique, parce que tout ce que le Père possède appartient également au Fils. Le discours de la foi orthodoxe reconnaît que ces expressions — je veux parler des termes « ingengendré » et « sans fin » — indiquent son éternité, et non son essence. En effet, « ingengendré » montre qu’aucun principe ni aucune cause ne lui est supérieur, tandis que « sans fin » signifie que son règne ne connaîtra jamais de terme. Car il est dit : « Tu es le même, et tes années ne cesseront point. » Par les mots « Tu es », l’Écriture signifie qu’il ne tient son être d’aucune cause ; par la suite du verset, elle montre la félicité ininterrompue et éternelle de sa vie.”
— Contre Eunomius, p 212 ref 683
“Mais comment une créature pourrait-elle être en Dieu ? En effet, la nature de Dieu est simple, et non pas le fruit d’un assemblage ou d’une composition. Rien ne peut s’y ajouter, et elle ne possède en elle-même que le divin. Il remplit toutes choses, sans jamais se confondre avec elles ; il pénètre toutes choses, sans pouvoir être lui-même pénétré ; il est partout tout entier, présent en même temps au ciel, sur la terre et jusqu’au fond des mers. Incompréhensible à la vue, inexprimable par la parole, insaisissable à l'intelligence, c’est par la foi qu’il faut le suivre et par la piété qu’il faut le vénérer. Ainsi, comprends que tout ce que la piété peut concevoir, tout ce qu'il y a de plus admirable en matière de splendeur et de plus sublime en matière de puissance, voilà ce qui convient à Dieu.”
— Foi
“Quant à ceux qui nous accusent de trithéisme, il faut leur répondre que nous confessons un seul Dieu, non selon le nombre, mais selon la nature.”
— Lettre dogmatique sur la Très Sainte Trinité, Lettre 8, partie 2
“CHAPITRE V 6. En Dieu, rien ne se dit selon l'accident, mais selon la substance ou selon la relation. C'est pourquoi rien en lui ne se dit selon l'accident, car rien ne lui advient ; cependant, tout ce qui se dit de lui ne se dit pas selon la substance. En effet, dans les réalités créées et changeantes, ce qui ne se dit pas selon la substance se dit nécessairement selon l'accident. Car tout ce qui leur advient peut se perdre ou diminuer : les grandeurs et les qualités ; ce qui se dit de manière relative, comme les amitiés, les liens de parenté, les servitudes, les ressemblances, les égalités et autres choses du même genre ; mais aussi la situation, l'état, le lieu, le temps, les actions et les passions. En Dieu, en revanche, rien ne se dit selon l'accident, car rien en lui n'est changeant ; et pourtant, tout ce qui se dit de lui ne se dit pas selon la substance. En effet, on parle de lui en termes de relation, comme lorsqu'on dit « Père » par rapport au Fils et « Fils » par rapport au Père, ce qui n'est pas un accident, parce que l'un est toujours Père et l'autre toujours Fils. Ce « toujours » ne signifie pas qu'à partir du moment où le Fils est né, le Père n'a cessé d'être Père du fait que le Fils n'a jamais cessé d'être Fils ; mais bien que le Fils est né de toute éternité et n'a jamais commencé à être Fils. Or, si le Fils avait commencé d'exister à un moment donné ou s'il devait cesser un jour d'être le Fils, sa filiation se dirait de lui selon l'accident. Mais si le terme « Père » se référait à lui-même et non au Fils, et si le terme « Fils » se référait à lui-même et non au Père, alors l'un serait appelé Père et l'autre Fils selon la substance. Mais parce que le Père n'est appelé Père qu'en raison du Fils qu'il a, et que le Fils n'est appelé Fils qu'en raison du Père qu'il a, ces termes ne se disent pas selon la substance, car ils ne se disent pas de chacun par rapport à lui-même, mais l'un par rapport à l'autre, de manière réciproque. Ils ne se disent pas non plus selon l'accident, car le fait d'être Père et le fait d'être Fils est pour eux quelque chose d'éternel et d'immuable. C'est pourquoi, bien qu'être le Père soit différent d'être le Fils, il n'y a cependant pas de différence de substance, car ces termes ne se disent pas selon la substance, mais selon la relation. Or, cette relation n'est pas un accident, puisqu'elle n'est pas changeante.”
“Ne comprends-tu donc pas que la qualité de nos mœurs nous façonne, et qu’en quelque sorte le caractère divin s’imprime en nous par la pratique de la vertu ? Car la nature divine est un bien, de manière inaltérable et substantielle. Quant à nous, il nous est possible de paraître tels par imitation, à travers nos habitudes et notre conduite, si nous choisissons de porter avec ardeur notre désir sur tout ce qui est admirable. Car nous n’irons certainement pas croire, si nous sommes sains d’esprit, que ceux qui portent en leur âme l’empreinte divine, resplendissante dans la qualité de leurs mœurs, possèdent avec Dieu une ressemblance substantielle et immuable, qui s’étendrait à l’identique à toutes les propriétés qui sont les siennes. Autrement, nous admettrions que la nature divine est comme la nôtre, sans plus rien pour marquer une quelconque différence. Nous avons en effet été créés « à son image et à sa ressemblance ». Mais il n’en est rien, loin de là, car les différences qui nous séparent sont innombrables. En effet, notre nature n’est pas simple, alors que la nature divine est, elle, parfaitement simple et non composée. Elle possède en elle-même la perfection la plus totale et n’a besoin de rien. Toute nature corporelle, au contraire, est composée de parties qui concourent à former la plénitude d’un tout achevé. Quant à nous, nous sommes tirés de la terre, du moins pour ce qui est de la chair ; nous sommes corruptibles et prompts à nous flétrir, comparés à l’herbe et aux lis des champs. Dieu, lui, est bien au-delà de tout cela. De plus, l’âme de l’homme est versatile et connaît de multiples changements, passant du meilleur au pire, et de nouveau du pire au bien. Dieu, au contraire, est comme ancré et solidement établi dans sa propre bonté, incapable de subir un changement qui le porterait vers autre chose. Et cette fermeté est substantielle ; elle n’est pas le résultat d’une constance voulue. Il est donc évident que, pour les créatures, la ressemblance avec Dieu n’est pas d’ordre naturel ; elle transparaît bien plutôt, en quelque sorte, dans l’agir et dans la qualité de la conduite.”