St. Athénagore d'Athènes

Ἀθηναγόρας ὀ Ἀθηναῖος

· IIe siècle ·Pré-nicéen ·Grèce

4 citations · 4 sujets

Qui donc ne s’étonnerait d’entendre traiter d’athées ceux qui professent un Dieu Père, un Fils qui est Dieu et un Esprit Saint, tout en démontrant à la fois leur puissance dans l’unité et leur distinction dans l’ordre ?

Plaidoyer pour les chrétiens

Quant à nous, nous considérons que voir un homme mis à mort équivaut presque à le tuer ; c'est pourquoi nous avons proscrit ce genre de spectacles. Comment pourrions-nous alors commettre un meurtre, nous qui refusons même de voir, pour ne pas nous charger d'un crime et d'une souillure ? Nous affirmons que les femmes qui ont recours à des substances abortives sont des homicides et qu'elles devront en rendre compte à Dieu. Dans ces conditions, comment pourrions-nous tuer ? En effet, il est incohérent de considérer que l'enfant dans le sein maternel est un être vivant dont Dieu prend soin, pour ensuite le tuer une fois venu au monde ; ou encore de refuser d'exposer le nouveau-né – car ceux qui l'abandonnent sont des infanticides – pour ensuite supprimer celui qu'on a élevé.

Plaidoyer pour les chrétiens

On ne se tromperait pas en affirmant que la finalité d'une vie intelligente, douée de discernement rationnel, est de s'unir pour l'éternité et sans distraction à ce qui correspond au plus haut point et de manière primordiale à la raison naturelle, et de se réjouir sans cesse dans la contemplation de l'Être et de ses décrets. Et ce, bien que la plupart des hommes, attachés avec passion et véhémence aux réalités d'ici-bas, ne cessent de manquer cette finalité. En effet, le grand nombre de ceux qui s'écartent de la finalité qui leur est propre n'invalide pas la vocation commune. Car l'examen en cette matière est personnel, et la récompense ou le châtiment est mesuré pour chacun en proportion de la vie, bonne ou mauvaise, qu'il a menée.

Résurrection des morts

De plus, ils inventent contre nous des histoires de festins et d’unions impies. Ils cherchent ainsi à justifier leur haine, et espèrent soit nous détourner de notre ligne de conduite par la terreur, soit, par l’énormité de leurs accusations, rendre les gouverneurs cruels et implacables à notre égard. Mais ils s’en prennent à des gens qui savent bien que, de tout temps et pas seulement à notre époque, c’est une sorte de coutume, obéissant à une loi et un ordre divins, que le vice fasse la guerre à la vertu. Ainsi Pythagore fut-il brûlé vif avec trois cents autres disciples ; Héraclite fut chassé d’Éphèse, et Démocrite d’Abdère où on l’accusa de folie ; quant à Socrate, les Athéniens le condamnèrent à mort. Or, de même que leur vertu n'a en rien été diminuée par l'opinion de la foule, de même la calomnie inconsidérée de certains n'entache en rien la sainteté de notre vie. Car nous jouissons de l'estime de Dieu. Néanmoins, je répondrai également à ces accusations. Pour vous, je considère ma défense déjà assurée par ce que j’ai dit. En effet, vous qui surpassez tous les hommes en intelligence, vous savez que des gens dont la vie se règle sur Dieu comme sur une norme – afin que chacun de nous soit irréprochable et sans faute devant lui – ne peuvent même pas concevoir l'idée de commettre la plus petite faute. Car si nous pensions n’avoir à vivre que la vie présente, on pourrait alors nous soupçonner de pécher, asservis à la chair et au sang, ou vaincus par l’appât du gain ou le désir. Mais nous savons que Dieu est témoin de nos pensées et de nos paroles, de nuit comme de jour, et que, puisqu'il est lumière, il voit tout ce qui se cache dans nos cœurs. Nous sommes donc convaincus qu’une fois cette vie achevée, nous en vivrons une autre, meilleure que celle-ci, une vie céleste et non terrestre. Nous demeurerons alors auprès de Dieu et avec Dieu, l'âme devenue immuable et impassible, non plus comme des êtres de chair – bien que nous ayons un corps – mais comme un esprit céleste. Ou bien, si nous chutons avec les autres, nous connaîtrons une vie pire, celle du feu. En effet, Dieu ne nous a pas créés comme des moutons ou des bêtes de somme, pour que nous périssions et disparaissions. Il est donc invraisemblable que nous commettions le mal et que nous nous livrions nous-mêmes au grand juge pour être châtiés.

Plaidoyer pour les chrétiens