L'avortement

16 citations

L'avortement a toujours été rejeté par la foi chrétienne comme un mal grave. Dès le Ier siècle, les écrits chrétiens le condamnent comme un meurtre. Certains Pères de l’Église faisaient notamment référence à ce passage de l’Exode :

Voici donc la voie de la lumière : si quelqu'un veut emprunter la voie qui mène à la destination fixée, qu'il s'empresse d'avancer par ses œuvres. La connaissance qui nous a été donnée pour y cheminer est donc la suivante... ...Tu ne tueras pas un enfant par avortement, ni ne le tueras une fois né.

Lettre de Barnabas, 19:1, 5

Voici le second commandement de l'enseignement : Tu ne commettras pas de meurtre, tu ne commettras pas d’adultère, tu n'abuseras pas des enfants, tu ne te livreras pas à la débauche, tu ne voleras pas, tu ne pratiqueras pas la magie, tu ne pratiqueras pas la sorcellerie. Tu ne feras pas périr l'enfant par avortement, ni ne le mettras à mort une fois né. Tu ne convoiteras rien de ce qui appartient à ton prochain. Tu ne te parjureras pas, tu ne porteras pas de faux témoignage, tu ne calomnieras pas, tu ne garderas pas de rancune. Tu n'auras ni le cœur double, ni la langue double, car la duplicité est un piège mortel. Ta parole ne sera ni mensongère, ni vaine, mais confirmée par les actes. Tu ne seras ni cupide, ni rapace, ni hypocrite, ni malveillant, ni orgueilleux. Tu ne formeras pas de mauvais projet contre ton prochain. Tu ne haïras personne. Au contraire : les uns, tu les reprendras ; pour d'autres, tu prieras ; et d'autres encore, tu les aimeras plus que ta propre vie.

Didachè

C'est à partir de là que les femmes dites fidèles ont commencé à recourir à des substances abortives et à des bandages serrés pour expulser ce qui était conçu, car elles ne voulaient avoir d'enfant ni d'un esclave, ni d'un homme de basse condition, en raison de leur noble lignée et de leur immense fortune. Voyez jusqu'à quelle impiété est allé cet homme sans loi, enseignant tout à la fois l'adultère et le meurtre. Et, forts de pareils forfaits, ces gens qui ont perdu toute pudeur osent s'appeler l'église catholique, et certains, croyant bien agir, se précipitent pour les rejoindre.

Réfutation de toutes les hérésies, livre 9, section 8

Quant à nous, nous considérons que voir un homme mis à mort équivaut presque à le tuer ; c'est pourquoi nous avons proscrit ce genre de spectacles. Comment pourrions-nous alors commettre un meurtre, nous qui refusons même de voir, pour ne pas nous charger d'un crime et d'une souillure ? Nous affirmons que les femmes qui ont recours à des substances abortives sont des homicides et qu'elles devront en rendre compte à Dieu. Dans ces conditions, comment pourrions-nous tuer ? En effet, il est incohérent de considérer que l'enfant dans le sein maternel est un être vivant dont Dieu prend soin, pour ensuite le tuer une fois venu au monde ; ou encore de refuser d'exposer le nouveau-né – car ceux qui l'abandonnent sont des infanticides – pour ensuite supprimer celui qu'on a élevé.

Plaidoyer pour les chrétiens

Quant à nous, l’homicide nous étant définitivement interdit, il ne nous est même pas permis de détruire ce qui est conçu dans le sein maternel, alors que le sang est encore en train de se façonner en être humain. C’est un homicide par anticipation que d’empêcher de naître ; peu importe qu’on arrache la vie à un être déjà né ou qu’on anéantisse celui qui est en train de naître. Est déjà un homme celui qui le deviendra. Tout le fruit, de même, est déjà dans la semence.

Apologie

Ainsi, dans l’arsenal des médecins, il y a l’instrument qui, par son mécanisme de torsion, force d’abord les parties secrètes à s’ouvrir. Il y a le scalpel annulaire, avec lequel on découpe les membres à l’intérieur, au prix d’une décision angoissante. Il y a le crochet émoussé, qui sert à extraire toute cette œuvre du crime par un accouchement violent. Il y a même une aiguille de bronze, qui guide l’égorgement lui-même : un brigandage à l’aveugle. On l’appelle ἐμβρυοσφάκτην, le « tueur d’embryon », un nom tiré de sa fonction infanticide, puisqu’il est destiné à supprimer un enfant sans aucun doute vivant. Hippocrate en possédait un, tout comme Asclépiade, Érasistrate, le grand dissecteur Hérophile, et même le plus humain d'entre eux, Soranus. Tous étaient en effet convaincus que le fœtus est un être vivant et, prenant en pitié une enfance si profondément malheureuse, ils préféraient le tuer avant, pour éviter qu’il ne soit lacéré vivant.

Traité sur l’âme

Or, nous reconnaissons la vie dès la conception, car nous revendiquons l'âme dès la conception. Dès lors en effet, la vie est là où est l'âme.

Traité sur l’âme

Car la loi de Moïse elle-même ne soumet l’auteur d’un avortement à la peine du talion que lorsqu’il s’agit déjà d’un être humain.

Traité sur l’âme

Certaines femmes, au moyen de drogues et de breuvages, anéantissent jusque dans leurs entrailles la vie naissante, et commettent un parricide avant même d’enfanter. Et de telles pratiques, bien entendu, découlent des enseignements de vos dieux. Pour nous, il n’est permis ni de voir un homicide, ni d’en entendre parler ; et nous avons le sang humain en une telle horreur que nous nous abstenons même du sang des animaux de boucherie dans nos aliments.

Octavius

XXI. Pour ce qui est des femmes qui se livrent à la débauche, suppriment les enfants qu’elles mettent au monde et s’efforcent de provoquer des avortements, la règle antérieure les a exclues jusqu’à la fin de leurs jours, et l’on s’accorde sur ce point. Par un souci de plus grande humanité, nous avons cependant fixé à dix ans la durée de leur pénitence, à accomplir selon les degrés établis.

Concile d'Ancyre

Ainsi, que personne ne s'imagine qu'il soit permis de tuer les nouveau-nés, ce qui est la pire des impiétés ; Dieu, en effet, insuffle les âmes pour la vie, non pour la mort. Mais les hommes, comme pour n'omettre aucun crime dont ils puissent souiller leurs mains, refusent à ces âmes encore neuves et simples la lumière qu'ils n'ont pas eux-mêmes donnée. Peut-on vraiment attendre que ceux qui n'épargnent pas leur propre sang épargnent celui d'autrui ? De telles gens sont, sans aucun doute, des criminels et des injustes.

Instituts divins

Celle qui provoque volontairement un avortement est soumise à la peine prévue pour l'homicide. Quant à la distinction subtile entre le fœtus formé et celui qui ne l’est pas, nous ne la faisons pas. En effet, dans ce cas, la sanction ne s’applique pas seulement à l’enfant à naître, mais aussi à la femme elle-même qui a comploté contre sa propre personne, car, le plus souvent, les femmes périssent dans de telles entreprises. À cela s'ajoute la destruction de l’embryon, qui est un second homicide, du moins selon l’intention de celles qui osent de tels actes. Il ne faut cependant pas prolonger leur pénitence jusqu’à leur mort ; il faut plutôt retenir la mesure de dix ans, mais en déterminant la guérison non par la durée, mais par la qualité du repentir.

Lettres

Et même des femmes ont prophétisé : autrefois, Marie, la sœur de Moïse et d’Aaron ; après elle, Débora ; et après elles, Houlda et Judith, la première sous Josias, la seconde sous Darius.

Constitutions apostoliques

Que vous mangiez, dit l'Apôtre, que vous buviez, ou quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu. Car c'est de ces festins que naissent en vous les désirs pervers ; de là vient la débauche ; de là vient que les épouses sont méprisées parmi vous, tandis que les prostituées sont honorées... C'est pourquoi, je vous en supplie, fuyez la fornication et l'ivresse, qui en est la mère. Pourquoi sèmes-tu là où l'on ne peut moissonner ? Ou plutôt, même si tu moissonnes, le fruit ne t'apporte qu'une immense honte. En effet, même si un enfant naît, non seulement il te couvre de honte, mais lui-même subit une injustice par ta faute, en devenant un bâtard, un enfant illégitime. ...Pourquoi donc tout déshonorer ? Pourquoi sèmes-tu là où la terre elle-même s'empresse de détruire le fruit, là où abondent les pratiques abortives, là où le meurtre précède la naissance ? Car tu ne te contentes pas de laisser la prostituée être une prostituée : tu en fais une meurtrière. Vois-tu la chaîne ? De l'ivresse vient la fornication, de la fornication l'adultère, de l'adultère le meurtre. Ou plutôt, quelque chose de pire encore que le meurtre – car je ne sais même pas comment nommer cela : ce n'est pas tuer un être déjà né, c'est l'empêcher de naître. Eh quoi ? Tu outrages le don de Dieu, tu combats ses propres lois, tu recherches comme une bénédiction ce qui est une malédiction, tu fais du sanctuaire de la procréation un lieu de massacre, et tu pousses au meurtre la femme qui a été donnée pour enfanter ? Car pour rester toujours disponible et désirable pour ses amants, et pour attirer plus d'argent, elle ne recule pas devant cet acte, amassant par là sur ta propre tête un feu dévorant. Car si le crime vient d'elle, c'est sur toi qu'en retombe la responsabilité.

Homélies sur Romains

J'ai honte de le dire : combien de vierges succombent chaque jour, combien l'Église, notre mère, en perd de son sein… D'autres vont jusqu'à boire des breuvages de stérilité, et commettent ainsi le meurtre d'un être humain avant même sa conception. Certaines, lorsqu'elles se rendent compte qu'elles ont conçu dans le crime, ont recours à des poisons abortifs ; bien souvent, elles meurent elles-mêmes avec leur enfant et sont conduites aux enfers, coupables d'un triple crime : homicides d'elles-mêmes, adultères envers le Christ, et parricides de leur enfant qui n'était pas encore né.

Lettres

Si donc, diacre, tu apprends que quelqu’un est dans la détresse, avises-en l’évêque et c’est ainsi que tu lui porteras secours. N'agis pas en secret, pour ne pas jeter le blâme sur lui, l’affaiblir et l'irriter. Car le murmure ne s’élèvera pas contre des hommes, mais contre le Seigneur Dieu. Le diacre et les autres entendront alors la même parole qu’entendirent Aaron et Mariam lorsqu’ils dénigrèrent Moïse : « Comment n'avez-vous pas craint de parler contre mon serviteur Moïse ? » De même, Moïse lui-même dit à l’assemblée : « Ce n’est pas contre nous que vont vos murmures, mais contre le Seigneur notre Dieu. » En effet, si celui qui traite son frère d’homme vide ou d’insensé ne reste pas impuni pour avoir outragé le nom du Christ, que dire de celui qui oserait parler contre un évêque ? C’est par lui que le Seigneur vous a donné en vous l’Esprit Saint lors de l’imposition des mains ; par lui que vous avez appris les saints dogmes, que vous avez connu Dieu et que vous avez cru au Christ ; par lui que vous avez été connus de Dieu ; par lui que vous avez été scellés de l’huile d’allégresse et du parfum sacré ; par lui que vous avez été révélés fils de Dieu ; par lui, enfin, que le Seigneur, lors de votre illumination, rendant témoignage sur chacun de vous à travers l’imposition des mains de l’évêque, a fait retentir sa voix sainte en disant : « Tu es mon fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. »

Apocalypse de Pierre