Instituts divins

Lactance

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Il est devenu à la fois Fils de Dieu par l'esprit et fils d'homme par la chair ; c'est-à-dire Dieu et homme.

On pourrait peut-être se demander comment, alors que nous déclarons adorer un seul Dieu, nous pouvons pourtant en affirmer deux : Dieu le Père et Dieu le Fils. Cette affirmation a précipité un très grand nombre de gens dans la plus grave des erreurs… celle de croire que nous professons à la fois un autre Dieu, et un Dieu mortel… Quand nous parlons de Dieu le Père et de Dieu le Fils, nous ne disons pas qu’ils sont différents, ni ne les séparons l’un de l’autre ; car le Père ne peut exister sans le Fils, ni le Fils être séparé du Père…

Quand nous disons Dieu le Père et Dieu le Fils, nous n’affirmons pas qu’ils sont différents et nous ne les séparons pas l’un de l’autre ; car le Père ne peut exister sans le Fils, ni le Fils être séparé du Père, puisque le Père ne peut être appelé Père sans le Fils, ni le Fils être engendré sans le Père. Ainsi, puisque le Père fait le Fils et que le Fils fait le Père, ils ont tous deux une seule intelligence, un seul esprit, une seule substance : le premier est comme une source surabondante, le second comme un ruisseau qui en découle ; le premier est comme le soleil, le second comme un rayon projeté par le soleil.

Quant à celui qui pense qu'une telle immensité ne peut être gouvernée par un seul, il se trompe. En effet, il ne mesure pas la force et la puissance de la majesté divine, s'il estime que le Dieu unique, qui a pu créer le monde, ne peut pas gouverner celui-là même qu'il a créé. Mais qu'il se représente l'immensité de cette œuvre divine, façonnée à partir du néant par la puissance et le dessein de Dieu alors que rien n'existait auparavant — œuvre qui, de surcroît, n'a pu être commencée et achevée que par un seul. Il comprendra alors qu'il est bien plus facile pour un seul être de gouverner ce qui a été institué par un seul.

Que les philosophes sachent donc, eux qui dénombrent des milliers de siècles depuis l'origine du monde, que la sixième millième année n'est pas encore achevée... Ainsi donc, puisque toutes les œuvres de Dieu ont été achevées en six jours, il est nécessaire que le monde demeure dans cet état pendant six siècles, c'est-à-dire six mille ans. Car le grand jour de Dieu a pour terme un cycle de mille ans, ainsi que l'indique le prophète qui dit : « Devant tes yeux, Seigneur, mille ans sont comme un seul jour. »

Ainsi, que personne ne s'imagine qu'il soit permis de tuer les nouveau-nés, ce qui est la pire des impiétés ; Dieu, en effet, insuffle les âmes pour la vie, non pour la mort. Mais les hommes, comme pour n'omettre aucun crime dont ils puissent souiller leurs mains, refusent à ces âmes encore neuves et simples la lumière qu'ils n'ont pas eux-mêmes donnée. Peut-on vraiment attendre que ceux qui n'épargnent pas leur propre sang épargnent celui d'autrui ? De telles gens sont, sans aucun doute, des criminels et des injustes.

Mais voilà que ces parricides se plaignent de leurs ressources limitées et prétextent ne pas être en mesure d'élever plusieurs enfants : comme si les richesses dépendaient réellement de ceux qui les possèdent, ou que Dieu ne changeait pas chaque jour les riches en pauvres et les pauvres en riches. C'est pourquoi, si quelqu'un ne peut élever ses enfants en raison de sa pauvreté, il vaut mieux qu'il s'abstienne de s'unir à sa femme, plutôt que de corrompre de ses mains criminelles l'œuvre de Dieu.

De même que Dieu nous a donné des yeux, non pour le spectacle et le plaisir, mais pour voir, en vue des actes nécessaires à la vie, de même nous n'avons reçu la partie génitale du corps — comme son nom même l'indique — pour aucune autre raison que d'engendrer une descendance.

L'un et l'autre affirment que les démons sont les ennemis et les tourmenteurs des hommes ; c'est pourquoi Trismégiste les appelle « mauvais anges » : il n'ignorait nullement qu'une fois pervertis, ces êtres d'origine céleste étaient devenus terrestres. Sont de leur invention l'astrologie, l'haruspicine, l'art des augures, ce que l'on nomme les oracles, la nécromancie et l'art magique, ainsi que tous les autres maux que les hommes pratiquent, que ce soit publiquement ou en secret.

2:16-17

L’Église catholique est donc la seule qui conserve le vrai culte. Elle est la source de la vérité, la demeure de la foi, le temple de Dieu : quiconque n'y entre pas ou en sort est étranger à l'espérance de la vie et du salut éternel. Personne ne doit s'abuser par un entêtement dans la dispute. Car il y va de la vie et du salut ; si l'on n'y veille pas avec prudence et soin, ils seront perdus et anéantis. Cependant, comme chaque groupe d'hérétiques se considère comme le premier des chrétiens et son assemblée comme l'Église catholique, il faut savoir que la véritable Église est celle où se trouvent la confession et la pénitence ; c’est elle qui guérit de façon salutaire les péchés et les blessures auxquels la faiblesse de la chair est sujette.

Mais après avoir jugé les justes, il les éprouvera aussi par le feu. Alors, ceux dont les péchés l'emporteront par leur poids ou leur nombre seront saisis et consumés par le feu ; quant à ceux qu'une pleine justice et une vertu parvenue à sa maturité auront façonnés, ils ne ressentiront pas ce feu. Ils possèdent en effet en eux quelque chose de Dieu qui repousse et rejette la violence de la flamme. La puissance de l'innocence est telle que ce feu recule devant elle, sans pouvoir lui nuire ; lui qui a reçu de Dieu ce pouvoir de brûler les impies et d'obéir aux justes.

L'Écriture sainte nous enseigne cependant de quelle manière les impies subiront leur châtiment. En effet, parce qu'ils ont commis leurs péchés dans leur corps, ils seront de nouveau revêtus de chair afin d'expier leur faute dans ce corps même. Et pourtant, cette chair dont Dieu les revêtira ne sera pas semblable à notre chair terrestre, mais indestructible et permanente pour l'éternité, de sorte qu'elle puisse endurer les tourments et le feu éternel. La nature de ce feu est bien différente de notre feu, celui que nous utilisons pour les besoins de la vie et qui s’éteint s’il n’est pas alimenté par un combustible. Au contraire, le feu divin vit et brûle toujours par lui-même, sans aucun aliment... ...de sorte que, sans causer la moindre destruction aux corps qui se régénèrent, il se contente de les brûler et de leur infliger la sensation de la douleur. Mais les justes aussi, quand Il les aura jugés, Il les éprouvera par le feu.

...un autre roi se lèvera de Syrie, engendré par un esprit mauvais, destructeur et exterminateur du genre humain, qui anéantira les vestiges de ce premier mal en même temps que ce mal lui-même. ... Ce roi, le plus infâme qui soit, ne sera pourtant qu'un prophète de mensonges. Il s'instituera lui-même Dieu et se donnera ce nom ; il exigera d'être adoré comme le fils de Dieu. Le pouvoir lui sera donné d'accomplir des signes et des prodiges, à la vue desquels il prendra les hommes au piège pour qu'ils l'adorent. Il commandera au feu de descendre du ciel, au soleil de suspendre sa course et à une statue de parler ; et tout cela s'accomplira sur sa parole... Alors il tentera de renverser le temple de Dieu et persécutera le peuple juste...