Apologie
Apologie pour les chrétiens Apologeticum Apologeticus pro Christianis
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“Celui que nous adorons est le Dieu unique. C'est lui qui, du néant, a fait surgir toute cette masse de l'univers, avec tout l'appareil des éléments, des corps et des esprits, par le Verbe qui a commandé, la raison qui a organisé et la puissance qui a accompli, pour en faire l'ornement de sa majesté. Voilà pourquoi les Grecs, eux aussi, ont donné au monde le nom de cosmos.”
“Quant à nous, l’homicide nous étant définitivement interdit, il ne nous est même pas permis de détruire ce qui est conçu dans le sein maternel, alors que le sang est encore en train de se façonner en être humain. C’est un homicide par anticipation que d’empêcher de naître ; peu importe qu’on arrache la vie à un être déjà né ou qu’on anéantisse celui qui est en train de naître. Est déjà un homme celui qui le deviendra. Tout le fruit, de même, est déjà dans la semence.”
“Telle était la faveur des Juifs auprès de Dieu, qui tenait à la justice remarquable et à la foi de leurs pères fondateurs ; de là vinrent pour eux la grandeur de leur peuple et la majesté de leur royaume, et un bonheur si grand que la voix même de Dieu, qui les instruisait, les avertissait sur la manière de mériter sa bienveillance et de ne pas l'offenser.”
“...celui qui a ensuite manifesté par les pluies et par les feux les signes de sa majesté de juge ; qui, pour s’attacher un peuple, a établi des préceptes que vous ignorez ou que vous désertez ; mais qui a aussi destiné des récompenses à ceux qui les observent, puisqu’il est celui qui, à la fin de cet âge, doit juger ses propres adorateurs pour leur donner en rétribution la vie éternelle, et les profanes pour les vouer à un feu tout aussi perpétuel et incessant...”
“Alors, le genre humain tout entier sera rétabli pour rendre compte de ce qu'il aura mérité dans cette vie, en bien ou en mal, et être ensuite livré à une éternité sans fin. C'est pourquoi il n'y aura plus de mort, ni de résurrections successives ; mais nous serons ceux-là mêmes que nous sommes maintenant, et non d'autres par la suite. Les serviteurs de Dieu demeureront pour toujours auprès de Dieu, revêtus de la substance même de l'éternité ; quant aux profanes et à ceux qui ne se sont pas entièrement donnés à Dieu, ils subiront le châtiment d'un feu tout aussi perpétuel, qui tient de sa nature même, par une disposition divine, son caractère incorruptible.”
“Allez donc ! Qu'un philosophe vienne affirmer, selon le mot de Labérius sur la doctrine de Pythagore, qu'un homme naît d'un mulet et une couleuvre d'une femme, et qu'il déploie toute la puissance de son éloquence pour plier les arguments en faveur de cette thèse : ne parviendra-t-il pas à susciter l'adhésion et à implanter la conviction qu'il faut même s'abstenir de la chair des animaux ? Et voilà pourquoi certains se laisseront peut-être persuader, de peur de dévorer par hasard la chair de bœuf de l'un de leurs aïeux. Mais en revanche, si un chrétien promet le retour de l'homme à partir de l'homme lui-même, et de ce même Caïus à partir de Caïus, c'est aussitôt un déchaînement de fureur : le peuple réclamera qu'on le livre aux pierres, sans même se contenter de le rouer de coups. Comme si le principe, quel qu'il soit, qui préside au retour des âmes humaines dans des corps n'exigeait pas, par lui-même, qu'elles soient rappelées dans ces mêmes corps...”
“...celui qui, cet âge une fois achevé, jugera ses fidèles pour leur donner en récompense la vie éternelle, et les impies pour les livrer à un feu tout aussi perpétuel et incessant, après avoir ressuscité tous les morts depuis l'origine, les avoir reconstitués dans leur corps et passés en revue, afin de régler le sort de chacun selon ses mérites.”