Minucius Félix

Marcus Minucius Felix

· IIIe siècle ·Pré-nicéen ·Algérie

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Certaines femmes, au moyen de drogues et de breuvages, anéantissent jusque dans leurs entrailles la vie naissante, et commettent un parricide avant même d’enfanter. Et de telles pratiques, bien entendu, découlent des enseignements de vos dieux. Pour nous, il n’est permis ni de voir un homicide, ni d’en entendre parler ; et nous avons le sang humain en une telle horreur que nous nous abstenons même du sang des animaux de boucherie dans nos aliments.

Octavius

Je n’ignore pas que nombreux sont ceux qui, ayant conscience de leurs fautes, préfèrent souhaiter n’être plus rien après la mort plutôt que de le croire : ils aiment mieux en effet être totalement anéantis que ramenés à la vie pour les supplices. ... Et ces tourments n’ont ni mesure, ni fin. Là, un feu savant brûle les membres et les restaure ; il les consume et les nourrit, de même que la foudre qui frappe les corps sans les anéantir...

Octavius, 34-35

Voyez donc comment, pour notre réconfort, la nature tout entière préfigure la résurrection future ! Le soleil se couche et renaît, les astres déclinent et reviennent, les fleurs meurent et reprennent vie, les arbustes après leur vieillesse se couvrent de feuilles, les semences ne germent qu'après s'être décomposées. Ainsi le corps en ce monde, comme les arbres en hiver, cache sa vitalité sous une aridité trompeuse. Pourquoi se hâter de le voir revivre et revenir, alors que l'hiver est encore dans sa rigueur ? Il nous faut attendre, à nous aussi, le printemps du corps. Et je n'ignore pas que la plupart des gens, sous le poids de leur conscience, souhaitent le néant après la mort bien plus qu'ils n'y croient : ils préfèrent en effet être totalement anéantis plutôt que de renaître pour le châtiment.

Octavius