Doctrines fondamentales

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Origène

8 citations · 7 sujets

Les points de doctrine clairement transmis par la prédication apostolique sont les suivants : Premièrement, qu'il y a un seul Dieu, qui a tout créé et organisé et qui, à partir de rien, a fait exister l'univers ; Dieu depuis la première créature et la fondation du monde, Dieu de tous les justes : Adam, Abel, Seth, Énosh, Hénok, Noé, Sem, Abraham, Isaac, Jacob, les douze patriarches, Moïse et les prophètes ; et que ce Dieu, dans les derniers jours, comme il l'avait promis d'avance par ses prophètes, a envoyé notre Seigneur Jésus-Christ... Deuxièmement, que Jésus-Christ lui-même, celui qui est venu, est né du Père avant toute créature. Lui qui avait assisté le Père dans la création de toutes choses – car c'est par lui que tout a été fait –, s'est anéanti lui-même dans les derniers temps : alors qu'il était Dieu, il s'est fait homme et s'est incarné, et, devenu homme, il est demeuré ce qu'il était : Dieu... Troisièmement, que l'Esprit Saint est uni au Père et au Fils en honneur et en dignité...

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Puisque donc notre esprit ne peut par lui-même contempler Dieu tel qu'il est, c'est à partir de la beauté de ses œuvres et de la splendeur des créatures qu'il conçoit l'Auteur de l'univers. Il ne faut donc pas penser que Dieu soit un corps, ni qu'il se trouve dans un corps, mais qu'il est une nature intellectuelle simple, qui n'admet en elle absolument aucune composition ; de sorte qu'on ne puisse croire qu'il y ait en lui une partie supérieure et une partie inférieure, mais qu'il soit en tout point une Monade et, pour ainsi dire, une Unité, l'intelligence et la source d'où toute nature intellectuelle, ou tout esprit, tire son origine.

Jean, d’ailleurs, en disant dans l’Évangile : « Personne n’a jamais vu Dieu », déclare manifestement à tous ceux qui peuvent comprendre qu’il n’existe aucune nature pour qui Dieu soit visible ; non pas comme s’il était visible par nature et ne faisait, pour ainsi dire, qu’échapper et surpasser le regard d’une créature plus fragile, mais bien parce que, par nature, il est impossible de le voir.

… le Seigneur m'a créée commencement de ses voies pour ses œuvres. Il n'y a jamais eu de temps où il n'était pas. Car à quel moment Dieu n'aurait-il pas eu le resplendissement de sa propre gloire ? En effet, nous ne disons pas, comme le pensent les hérétiques, qu'une partie de la substance de Dieu a été transformée en le Fils, ni que le Fils a été engendré par le Père à partir du néant — c'est-à-dire en dehors de sa propre substance —, de sorte qu'il y aurait eu un temps où il n'était pas. Au contraire, en écartant toute conception corporelle, nous affirmons que le Verbe et la Sagesse ont été engendrés par le Dieu invisible et incorporel, sans la moindre altération physique, tout comme la volonté procède de l'esprit.

Lui, en ces derniers temps, se dépouillant lui-même, s'est fait homme ; il s'est incarné alors qu'il était Dieu et, devenu homme, il est demeuré ce qu'il était : Dieu.

Voici les points de doctrine qui sont clairement transmis par la prédication apostolique. Premièrement, il y a un seul Dieu, qui a tout créé et agencé et qui, du néant, a fait exister l'univers. C'est le Dieu de la première création et de la fondation du monde, le Dieu de tous les justes : Adam, Abel, Seth, Énos, Hénok, Noé, Sem, Abraham, Isaac, Jacob, des douze patriarches, de Moïse et des prophètes. Et c'est ce même Dieu qui, dans les derniers temps, comme il l'avait promis par ses prophètes, a envoyé notre Seigneur Jésus Christ, d'abord pour appeler Israël, puis, après l'infidélité du peuple d'Israël, pour appeler aussi les nations. Ce Dieu juste et bon, Père de notre Seigneur Jésus Christ, a lui-même donné la Loi, les Prophètes et les Évangiles ; il est le Dieu des apôtres, de l'Ancien comme du Nouveau Testament.

Qui donc, je vous le demande, doté d'un peu de raison, pourra admettre comme une chose cohérente que les premier, deuxième et troisième jours, où l'on parle pourtant d'un soir et d'un matin, se soient déroulés sans soleil, sans lune et sans étoiles, et le premier jour, même sans ciel ? Et qui serait assez simple d'esprit pour penser que Dieu, à la manière d'un agriculteur, a planté des arbres dans le paradis, en Éden, en orient, et qu'il y a planté l'arbre de vie – un arbre visible et tangible – de sorte qu'en en mangeant avec des dents bien matérielles, on puisse recevoir la vie ? Et que de même, en mangeant d'un autre arbre, on acquière la connaissance du bien et du mal ? De même, quand on lit que Dieu se promène dans le paradis au déclin du jour et qu'Adam se cache sous l'arbre, je ne pense pas que quiconque puisse douter que ces récits, sous l'apparence d'une histoire qui ne s'est pas déroulée matériellement, révèlent de manière figurée certains mystères.

Puisque, parmi ceux qui professent croire au Christ, beaucoup sont en désaccord non seulement sur des points mineurs et insignifiants, mais aussi sur des points majeurs et fondamentaux, qu’il s’agisse de Dieu, du Seigneur Jésus-Christ lui-même ou de l’Esprit Saint ; et que ce désaccord ne porte pas seulement sur eux, mais aussi sur d’autres créatures, comme les Dominations ou les saintes Vertus, il nous semble donc nécessaire de commencer par poser pour chacun de ces sujets une ligne directrice précise et une règle claire, pour ensuite examiner les autres questions. En effet, de même que nous avons cessé de chercher la vérité auprès des nombreux Grecs et barbares qui la promettaient en l’appuyant sur des opinions fausses, dès l’instant où nous avons cru que le Christ est le Fils de Dieu et où nous fûmes persuadés que c’est de lui qu’il fallait l’apprendre ; de même aujourd’hui, alors que beaucoup s’imaginent penser selon le Christ et que certains d’entre eux ont des opinions différentes de leurs prédécesseurs, la prédication de l’Église, transmise par les apôtres selon un ordre de succession et qui demeure jusqu’à ce jour dans les églises, est bel et bien conservée. Seule doit donc être crue comme vérité la doctrine qui ne s’écarte en rien de la tradition ecclésiale et apostolique.

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