Stromates

Stromateis Stromata

St. Clément d'Alexandrie

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On ne saurait l'appeler à juste titre « le tout ». En effet, le terme de « tout » s'applique à une grandeur, alors que lui est le Père de toutes choses. Il ne faut pas non plus dire qu'il ait des parties, car l'Un est indivisible. C'est pourquoi il est également infini : non pas au sens où on ne pourrait le parcourir, mais parce qu'il est sans dimension et n'a pas de fin. Il est par conséquent sans forme et sans nom.

Ainsi, pour nous enseigner que le monde a été créé, mais pour que nous ne supposions pas que Dieu crée dans le temps, la prophétie a ajouté : « Voici le livre de la genèse et de ce qui s'y trouve, au moment où cela advint, le jour où Dieu fit le ciel et la terre. » En effet, l’expression « au moment où cela advint » signifie une énonciation indéfinie et hors du temps. Quant à l’expression « le jour où Dieu fit » — c’est-à-dire le jour en lequel et par lequel il a tout fait, et « sans qui rien n’a été fait » —, elle désigne l’action opérée par le Fils.

Ceux qui préservaient la véritable tradition du bienheureux enseignement, transmise directement par Pierre, Jacques, Jean et Paul, les saints apôtres, la recevant de père en fils – mais peu d'enfants sont semblables à leurs pères –, sont parvenus, avec l'aide de Dieu, jusqu'à nous pour y déposer ces semences ancestrales et apostoliques. Et je sais bien qu'ils se réjouiront, non pas, je veux dire, par plaisir pour cet écrit, mais seulement pour la sauvegarde de la tradition qu'ils ont reçue. Car telle est, je crois, la marque d'une âme qui veut que la bienheureuse tradition ne se perde pas.

Car les degrés hiérarchiques d'ici-bas dans l'église, ceux des évêques, des prêtres et des diacres, sont, me semble-t-il, des imitations de la gloire angélique et de cette économie qui, selon les Écritures, attend ceux qui ont vécu sur les traces des apôtres, dans la perfection de la justice et conformément à l'Évangile.

L’Écriture conseille de se marier et n’autorise jamais la rupture du mariage ; elle prescrit clairement : « Tu ne répudieras pas ta femme, sauf pour motif de fornication ». Elle considère comme un adultère le fait de se remarier tant que vit l’un des deux conjoints séparés. Elle montre que la femme se met à l’abri de tout soupçon et de toute calomnie en ne cherchant pas à s’embellir ni à se parer au-delà de ce qui est convenable, en s’adonnant avec ferveur aux prières et aux supplications, en limitant ses sorties, en se dérobant autant que possible au regard des étrangers et en jugeant la vie au foyer préférable aux bavardages futiles. « Celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère », dit l’Écriture. « En effet, si quelqu’un répudie sa femme, il la pousse à l’adultère », c’est-à-dire qu’il la contraint à devenir adultère. Non seulement celui qui l’a répudiée en est la cause, mais aussi celui qui l’accueille, en offrant à cette femme une occasion de pécher. Car s’il ne l’accueillait pas, elle retournerait auprès de son mari.

Il est toujours pur pour la prière. En effet, il prie avec les anges, lui qui est déjà leur égal, et il ne se trouve jamais hors de la sainte garde. Même s’il prie seul, il a avec lui le chœur des saints rassemblé.

Assurément, avant la venue du Seigneur, la philosophie était nécessaire aux Grecs en vue de la justice ; aujourd'hui, cependant, elle est devenue utile à la piété, en tant que propédeutique pour ceux qui font fructifier la foi par la démonstration. Car il est dit : « Ton pied ne trébuchera pas », si tu rapportes à la Providence tout ce qui est bon, que cela vienne des Grecs ou de nous. En effet, Dieu est la cause de tous les biens : des uns de manière directe, comme l’Ancienne et la Nouvelle Alliance ; des autres par voie de conséquence, comme la philosophie. Peut-être même fut-elle alors donnée directement aux Grecs, avant que le Seigneur n’appelle aussi les Grecs.