La permanence du mariage

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La permanence du mariage — l'indissolubilité du lien conjugal — est solennellement enseignée par le Christ : « Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre est adultère ; et celui qui épouse une femme répudiée est adultère » (Lc 16, 18 ; Mc 10, 11-12). Saint Paul confirme

Alors, Seigneur, dis-je, que doit faire le mari si sa femme s’obstine dans ce péché ? Qu’il la répudie, dit-il, et que le mari demeure seul.

Le Pasteur, 4e mandat, Section I, paragraphe 6

Sur la chasteté, voici donc ce qu’il a dit : « Celui qui regarde une femme pour la désirer a déjà commis l’adultère dans son cœur, devant Dieu. Et : “Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le ; car il vaut mieux pour toi entrer borgne dans le royaume des Cieux que d’être jeté avec tes deux yeux dans le feu éternel.” Et : “Celui qui épouse une femme répudiée par un autre homme commet un adultère.” Et : “Il y a des eunuques qui le sont devenus par la main des hommes, il y en a qui sont nés ainsi, et il y en a qui se sont rendus eunuques eux-mêmes pour le royaume des Cieux. Mais tous ne comprennent pas cette parole.” » Ainsi, pour notre maître, ceux qui contractent un second mariage selon la loi des hommes sont des pécheurs, tout comme ceux qui posent leur regard sur une femme pour la désirer. Car à ses yeux, est rejeté non seulement celui qui commet l’adultère en acte, mais aussi celui qui veut le commettre, puisque pour Dieu, les actes ne sont pas seuls à être manifestes, les pensées le sont aussi.

Première apologie

L’Écriture conseille de se marier et n’autorise jamais la rupture du mariage ; elle prescrit clairement : « Tu ne répudieras pas ta femme, sauf pour motif de fornication ». Elle considère comme un adultère le fait de se remarier tant que vit l’un des deux conjoints séparés. Elle montre que la femme se met à l’abri de tout soupçon et de toute calomnie en ne cherchant pas à s’embellir ni à se parer au-delà de ce qui est convenable, en s’adonnant avec ferveur aux prières et aux supplications, en limitant ses sorties, en se dérobant autant que possible au regard des étrangers et en jugeant la vie au foyer préférable aux bavardages futiles. « Celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère », dit l’Écriture. « En effet, si quelqu’un répudie sa femme, il la pousse à l’adultère », c’est-à-dire qu’il la contraint à devenir adultère. Non seulement celui qui l’a répudiée en est la cause, mais aussi celui qui l’accueille, en offrant à cette femme une occasion de pécher. Car s’il ne l’accueillait pas, elle retournerait auprès de son mari.

Stromates

De plus, en se refusant à sa femme, un homme la pousse souvent à commettre l’adultère en ne comblant pas ses désirs, même s’il le fait sous le prétexte d’une plus grande dignité et d’une plus grande pureté. Et peut-être celui-ci est-il plus coupable – lui qui, pour sa part, la pousse à l’adultère en ne comblant pas ses désirs – que celui qui l’a répudiée non pour motif d’impudicité, mais pour un empoisonnement, un meurtre ou l’une des fautes les plus graves. Car de même qu’une femme est adultère, même si elle semble mariée à un autre homme du vivant de son premier mari, de même l’homme qui croit épouser une femme répudiée ne l’épouse pas en réalité : selon la sentence de notre Sauveur, il commet un adultère.

Commentaire sur Matthieu

De même, la femme fidèle qui a quitté son mari, fidèle mais adultère, pour en épouser un autre, doit en être empêchée. Si elle se remarie néanmoins, elle ne recevra la communion qu'après la mort de celui qu'elle a quitté, à moins qu'une grave maladie la mettant en péril de mort ne contraigne à la lui accorder.

Concile d'Elvira

Celui qui se marie après avoir été séparé de la femme d'un autre sera inculpé d'adultère pour la première union, mais sera exempt de blâme pour la seconde.

Lettres

Tu répudies donc ton épouse comme si c’était ton droit, sans qu’elle ait commis de faute ; et tu t’imagines que cela t’est permis parce que la loi humaine ne l’interdit pas, mais la loi divine l’interdit. Toi qui obéis aux hommes, crains Dieu. Écoute la loi du Seigneur, à laquelle se soumettent même ceux qui font les lois : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Mt 19, 6).

Commentaire sur Luc

Par conséquent, partout où il y a fornication, ou même soupçon de fornication, il est légitime de répudier son épouse. Et comme il pourrait arriver qu’un homme, en vue d’un second mariage, calomnie une innocente et impute une faute à sa première femme, il lui est ordonné de répudier celle-ci de telle manière qu’il ne puisse en prendre une seconde du vivant de la première.

Commentaires sur Matthieu

Ne me parlez pas de la violence d'un rapt, de la persuasion d'une mère, de l'autorité d'un père, des pressions de la parenté, des complots et des outrages des serviteurs, ni de la perte du patrimoine. Tant que le mari est en vie, qu’il soit adultère, qu’il soit sodomite, qu’il soit couvert de toutes les infamies et même abandonné par sa femme en raison de ces crimes, il est considéré comme son époux, et elle n'a pas le droit d'en prendre un autre.

Lettres

Ainsi, de même que si nous disions : « Quiconque épouse une femme répudiée par son mari pour un autre motif que la fornication commet un adultère », nous dirions sans aucun doute la vérité, mais nous n’en absolvons pas pour autant de ce crime celui qui épouse une femme répudiée pour motif de fornication ; au contraire, nous sommes convaincus que l’un et l’autre sont adultères. De même, nous déclarons adultère l’homme qui répudie sa femme pour un autre motif que la fornication et en épouse une autre, mais nous ne disculpons pas pour autant de la souillure de ce péché celui qui la répudie pour motif de fornication et en épouse une autre. Car nous reconnaissons que tous deux sont adultères, bien que la faute de l’un soit plus grave que celle de l’autre. Personne, en effet, n'est assez absurde pour nier que l’homme qui épouse une femme renvoyée par son mari pour motif de fornication est adultère, alors même qu’il qualifie d’adultère celui qui épouse une femme renvoyée pour un autre motif. Par conséquent, ces deux hommes sont tous deux adultères.

Mariages adultères, De Coniugiis Adulterinis, Livre 1, chapitre 9, section 9

Une femme ne commence à être l'épouse d'un second mari que si elle a cessé d'être celle du premier. Or, elle cessera d'être l'épouse du premier si son mari meurt, non s'il commet la fornication. Il est donc permis de répudier son conjoint pour motif de fornication ; mais le lien de fidélité demeure, et c'est pourquoi celui qui épouse une femme répudiée, même pour ce motif, se rend coupable d'adultère.

Mariages adultères

Dans le mariage, il faut donc chérir les biens qui lui sont propres : la descendance, la fidélité et le sacrement. La descendance, non seulement pour qu'elle naisse, mais aussi pour qu'elle renaisse : car elle naît pour la peine, à moins de renaître pour la vie. La fidélité, d’autre part, n’est pas celle que l’on trouve même chez les incroyants, mus par une jalousie charnelle. Quel homme en effet, aussi impie soit-il, veut d’une épouse adultère ? Ou quelle femme, aussi impie soit-elle, veut d’un mari adultère ? Ce bien du mariage est certes naturel, mais il reste charnel. Mais un conjoint qui est membre du Christ doit craindre l’adultère pour son conjoint, et non pour lui-même ; il doit espérer du Christ la récompense pour la fidélité qu’il témoigne à son conjoint. Quant au sacrement – que ni la séparation ni l’adultère ne font perdre –, que les époux le gardent dans la concorde et la chasteté. C’est en effet lui seul qui, en vertu de l’affection fidèle, maintient le mariage même stérile, une fois perdu l’espoir de cette fécondité pour laquelle on s’était uni. Que celui qui veut faire l’éloge du mariage loue en lui ces biens nuptiaux. La concupiscence de la chair, en revanche, ne doit pas être imputée au mariage, mais tolérée. Car ce n’est pas un bien qui vient de l’union naturelle, mais un mal qui résulte du péché des origines.

Mariage et concupiscence

De fait, ce n'est pas seulement la fécondité, dont le fruit est la descendance, ni seulement la chasteté conjugale, dont le lien est la fidélité, mais bien aussi un sacrement propre au mariage qui est recommandé aux époux fidèles (c'est pourquoi l'Apôtre dit : « Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l'Église »). La réalité de ce sacrement, c'est sans aucun doute que l'homme et la femme unis par le mariage demeurent unis inséparablement leur vie durant, et qu'il n'est permis de séparer un époux de l'autre, sauf pour motif de fornication. C'est en effet ce qui est observé entre le Christ et l'Église : unis pour l'éternité, le vivant et la vivante ne sont séparés par aucun divorce. L'observance de ce sacrement est si grande dans la cité de notre Dieu, sur sa montagne sainte, c'est-à-dire dans l'Église du Christ et pour tous les fidèles mariés qui sont sans aucun doute membres du Christ, que même lorsque des femmes se marient ou sont prises pour épouses en vue de procréer, il n'est pas permis de quitter une épouse stérile pour en prendre une autre qui soit féconde. Si quelqu'un le faisait, il serait coupable d'adultère non selon la loi de ce monde – où, moyennant répudiation, il est permis sans crime de contracter d'autres unions (le Seigneur lui-même atteste que le saint Moïse l'avait permis aux Israélites en raison de la dureté de leur cœur) – mais selon la loi de l'Évangile ; de même pour la femme, si elle épousait un autre homme. À tel point les liens juridiques du mariage, une fois contractés, subsistent-ils entre les vivants, que les époux qui se sont séparés l'un de l'autre le demeurent davantage entre eux qu'avec ceux auxquels ils se sont unis. En effet, ils ne seraient pas adultères avec ces autres partenaires s'ils ne restaient pas époux l'un de l'autre. D'ailleurs, à la mort du mari avec qui l'union était véritable, un mariage véritable peut être contracté avec celui avec qui il n'y avait auparavant qu'un adultère. Ainsi subsiste entre les vivants une réalité conjugale que ni la séparation, ni l'union avec un autre ne peut anéantir. Mais elle subsiste pour fonder la faute, et non pour maintenir l'alliance. Il en va de même pour l'âme de l'apostat : en se retirant de ce qui s'apparente à son mariage avec le Christ, même en ayant perdu la foi, elle ne perd pas le sacrement de la foi qu'elle a reçu dans le bain de la régénération. Car s'il l'avait perdu en s'éloignant, ce sacrement lui serait sans aucun doute rendu à son retour. Celui qui s'est retiré le conserve donc pour l'aggravation de son châtiment, non pour le mérite d'une récompense.

Mariage et concupiscence