Les successeurs de Pierre
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*Les successeurs de Pierre* occupent une place essentielle dans la compréhension que les premiers chrétiens avaient de la continuité de l’Église. Les Pères reconnaissaient en Pierre le roc sur lequel Jésus avait déclaré qu’il bâtirait son Église, ce qui lui conférait une primau…
“C’est en effet de cette manière que les églises apostoliques présentent leurs listes de succession : ainsi, l’église de Smyrne atteste que Polycarpe a été établi par Jean, et celle de Rome proclame que Clément a été ordonné par Pierre.”
“Pour eux, ce n'était même pas assez de s'être écartés de l'Évangile, d'avoir enlevé aux chrétiens tombés l'espérance de la satisfaction et de la pénitence, d'avoir privé de tout sentiment et de tout fruit de pénitence ceux qui étaient empêtrés dans la fraude, souillés par l'adultère ou contaminés par le contact funeste des sacrifices, les empêchant ainsi de prier Dieu et de faire dans l'église la confession de leurs péchés. Non, ils ont ensuite, à l'extérieur de l'Église et contre l'Église, fondé le foyer d'une faction funeste où puisse affluer la foule de ceux qui ont mauvaise conscience et qui refusent de prier Dieu et de faire satisfaction. Après tout cela, s'étant même fait nommer un pseudo-évêque par des hérétiques, ils osent prendre la mer et porter à la Chaire de Pierre, à l'Église principale d'où l'unité sacerdotale a pris naissance, des lettres de la part de schismatiques et de profanateurs. Ils ne songent même pas que ceux qu'ils approchent sont ces Romains dont la foi fut louée par la bouche de l'Apôtre, et auprès de qui la perfidie ne saurait avoir accès. Quel est d'ailleurs le motif de leur venue et de l'annonce qu'ils font d'un pseudo-évêque établi contre l'évêque légitime ? Ou bien ils sont satisfaits de ce qu'ils ont fait, et ils persévèrent dans leur crime ; ou bien, s'ils en sont mécontents et se rétractent, ils savent où revenir. En effet, puisqu'il a été décidé par nous tous – et qu'il est à la fois équitable et juste – que la cause de chacun soit entendue là où la faute a été commise, et que chaque pasteur s'est vu attribuer une portion du troupeau qu'il doit personnellement diriger et gouverner, devant rendre compte de sa conduite au Seigneur, il faut donc que ceux que nous gouvernons ne courent pas de tous côtés et ne viennent pas, par leur audace sournoise et trompeuse, briser la concorde et la cohésion des évêques. Qu'ils plaident leur cause là où ils peuvent trouver à la fois des accusateurs et des témoins de leur crime. À moins que, pour cette poignée de désespérés et de criminels, l'autorité des évêques établis en Afrique ne paraisse insuffisante – eux qui les ont déjà jugés et qui, par la rigueur de leur sentence, ont récemment condamné leur conscience enchevêtrée dans les multiples liens du péché. Leur cause a déjà été instruite, la sentence a déjà été rendue. Il ne convient pas que la décision des évêques soit remise en cause par la légèreté d'un esprit versatile et inconstant, puisque le Seigneur enseigne et dit : « Que votre parole soit : oui, oui ; non, non. »”
— Lettres
“Ils affirment en effet que tous les anciens, et les apôtres eux-mêmes, ont reçu et enseigné ce qu’eux-mêmes professent aujourd’hui, et que la vérité de la prédication a été préservée jusqu’à l’époque de Victor, qui fut le treizième évêque de Rome depuis Pierre ; mais qu’à partir de son successeur Zéphyrin, la vérité a été corrompue.”
— Histoire de l’Église, Livre 5, Chapitre 28
“Parmi les autres compagnons de Paul, il est attesté par l’apôtre lui-même que Crescens fut envoyé dans les Gaules. Quant à Linus, dont Paul mentionne la présence à ses côtés à Rome dans la seconde Épître à Timothée, nous avons déjà indiqué qu’il fut le premier après Pierre à recevoir l’épiscopat de l’église de Rome. Clément, pour sa part, qui fut institué troisième évêque de cette même église de Rome, est présenté par le témoignage de Paul comme ayant été son collaborateur et son compagnon de combat.”
“L’évêque Ossius dit : Il est également nécessaire d’ajouter ce qui suit : qu’aucun évêque ne se rende de sa province dans une autre où se trouvent déjà des évêques, à moins d’y avoir été invité par ses frères, afin de ne pas paraître fermer les portes de la charité. Il faut veiller de même à ce que, si dans une province un évêque a un différend avec un de ses frères et co-évêques, aucun des deux ne fasse appel à des évêques d’une autre province comme juges. Mais si un évêque, jugé dans une affaire, estime que sa cause est bonne et non mauvaise, et qu’un nouveau procès s’impose, alors, si votre charité y consent, honorons la mémoire de l’apôtre Pierre : que ceux qui ont rendu le jugement écrivent à Jules, l’évêque de Rome. Celui-ci pourra, s’il le juge nécessaire, confier la révision du procès aux évêques de la province voisine et désigner lui-même les juges. En revanche, s’il n’est pas possible de prouver que sa cause est telle qu’elle exige un nouveau jugement, les décisions déjà prises ne seront pas invalidées, et ce qui a été jugé restera ferme.”
“...il aurait fallu que le jugement soit rendu selon le canon ecclésiastique, et non de cette manière. Ignorez-vous que la coutume est de nous écrire en premier, afin que ce soit d’ici que soit défini ce qui est juste ? Par conséquent, si une telle suspicion venait à peser sur l’évêque de cette ville, il fallait en écrire à cette église. Or, maintenant, après nous avoir laissés dans l’ignorance et avoir agi comme ils l’entendaient, ils voudraient que nous, qui n’avons pas examiné leur cause, nous donnions notre suffrage à leur décision. Telles ne sont pas les ordonnances de Paul, telle n’est pas la tradition que les pères nous ont transmise. Voilà une tout autre règle, une pratique nouvelle. Car ce que nous avons reçu du bienheureux apôtre Pierre, c’est ce que je vous signifie.”
“Et c'est à juste titre qu'ils l'avouent pour eux-mêmes, car ils n'ont pas l'héritage de Pierre, ceux qui n'ont pas le siège de Pierre, qu'ils déchirent par une division impie. Mais c'est avec perversité qu'ils nient que les péchés puissent être pardonnés même dans l'église, alors qu'il a été dit à Pierre : « Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux » ; alors que le vase d'élection du Seigneur dit lui-même : « Si vous pardonnez à quelqu'un, je pardonne aussi ; car ce que j'ai moi-même pardonné, je l'ai fait pour vous en la personne du Christ ». Pourquoi donc lisent-ils Paul, s'ils estiment qu'il a commis une erreur si impie qu'il s'est arrogé le droit de son Seigneur ? Mais il a exercé un droit reçu, et non usurpé un droit indu.”
“Tu ne peux donc nier savoir que c'est à Pierre, le premier, qu'a été conférée la chaire épiscopale dans la ville de Rome, où a siégé le chef de tous les Apôtres, Pierre — ce qui lui valut d'être aussi appelé Céphas. C'est dans cette chaire unique que l'unité devait être gardée par tous, afin que les autres Apôtres ne revendiquent pas chacun la leur ; ainsi, se comporterait déjà en schismatique et en pécheur celui qui établirait une autre chaire face à cette chaire unique. C'est donc sur la chaire unique, qui est la première des prérogatives, que Pierre a siégé le premier...”
“...il adressa sur cette affaire un synode africain à Étienne, alors évêque de la ville de Rome et vingt-deuxième successeur du bienheureux Pierre, mais sa tentative fut vaine.”
“Puisque l'Orient, déchiré par la fureur ancestrale de ses peuples qui s'affrontent, met en lambeaux la tunique sans couture du Seigneur, celle qui fut tissée d'un seul tenant depuis le haut, j'ai donc jugé nécessaire de consulter la chaire de Pierre et la foi célébrée par une bouche apostolique. C'est de là que je viens aujourd'hui réclamer la nourriture pour mon âme, là même où j'ai reçu autrefois le vêtement du Christ. Le patrimoine a été dilapidé par une postérité indigne ; c'est auprès de vous seuls que se conserve, intact, l'héritage des pères.”
— Lettres
“Pour ma part, ainsi que je l'ai déjà écrit, j'ai revêtu le vêtement du Christ à Rome ; me voici maintenant retenu aux confins barbares de la Syrie. Et pour que vous ne pensiez pas que ce jugement vienne d'un autre, c'est moi-même qui ai décidé de ce que je méritais. Mais, comme le dit le poète païen : « Celui qui franchit les mers change de ciel, non d'état d'âme. » C'est ainsi que l'ennemi implacable m'a poursuivi, si bien que je subis à présent dans le désert des combats plus grands encore. D'un côté, en effet, soutenue par les puissances de ce monde, la fureur arienne gronde. De l'autre, l'Église, déchirée en trois partis, s'empresse de m'attirer à elle. L'antique autorité des moines qui demeurent aux alentours se dresse contre moi. Moi, pendant ce temps, je ne cesse de clamer : « Si quelqu'un est uni à la chaire de Pierre, celui-là est des miens. » Mélèce, Vitalis et Paulin affirment être en communion avec vous. Je pourrais le croire si un seul l'affirmait. Mais aujourd'hui, ou bien deux d'entre eux mentent, ou bien ce sont les trois. C'est pourquoi j'en conjure Votre Béatitude, par la croix du Seigneur, par la Passion du Christ — gloire indispensable de notre foi —, vous qui succédez aux Apôtres en dignité, puissiez-vous leur succéder aussi en mérite ; puissiez-vous ainsi siéger sur le trône pour juger avec les Douze, puisse un autre ainsi vous ceindre dans votre vieillesse comme le fut Pierre, et puissiez-vous ainsi obtenir avec Paul le droit de cité des cieux : indiquez-moi par lettre avec qui, en Syrie, je dois être en communion. Ne méprisez pas une âme pour laquelle le Christ est mort.”
— Lettres
“Clément... quatrième évêque de Rome après Pierre : en effet, Linus fut le deuxième, Anaclet le troisième, bien que la plupart des Latins estiment que Clément fut le deuxième après l'Apôtre.”
“Toutefois, même si tous les hommes, dans le monde entier, étaient tels que tes calomnies les plus vaines les présentent, que t'a fait la chaire de l'Église de Rome, où s'est assis Pierre et où siège aujourd'hui Anastase, ou celle de l'Église de Jérusalem, où s'est assis Jacques et où siège aujourd'hui Jean, Églises auxquelles nous sommes unis dans l'unité catholique, et dont vous vous êtes séparés avec une fureur sacrilège ? Pourquoi appelles-tu chaire de pestilence la chaire apostolique ?”
Traduction française à venir.
“C’est là que le bienheureux Pierre, divinement inspiré et dont la confession devait profiter à toutes les nations, dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Aussi n'est-ce pas sans raison qu'il a été proclamé bienheureux par le Seigneur et qu'il a tiré de la pierre principale la solidité de sa vertu et de son nom, lui qui, par une révélation du Père, l'a confessé tout à la fois Fils de Dieu et Christ.”
— Tome de Léon, V