Réponse aux lettres de Pétillien le Donatiste
Contre les lettres de Pétillien
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“Toutefois, même si tous les hommes, dans le monde entier, étaient tels que tes calomnies les plus vaines les présentent, que t'a fait la chaire de l'Église de Rome, où s'est assis Pierre et où siège aujourd'hui Anastase, ou celle de l'Église de Jérusalem, où s'est assis Jacques et où siège aujourd'hui Jean, Églises auxquelles nous sommes unis dans l'unité catholique, et dont vous vous êtes séparés avec une fureur sacrilège ? Pourquoi appelles-tu chaire de pestilence la chaire apostolique ?”
“Augustin répond : Le baptême au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit (Mt 28, 19) a pour auteur le Christ, et non un homme quelconque ; et le Christ est la vérité, non un homme quelconque.”
“Celui qui est baptisé dans l'hérésie ne devient donc pas temple de Dieu. Faut-il pour autant ne pas le considérer comme baptisé ? En effet, l'avare baptisé au sein de l'Église ne devient pas non plus temple de Dieu s'il ne renonce pas à son avarice ; car ceux qui deviennent temple de Dieu possèdent bien le royaume de Dieu. Or l'Apôtre dit, entre autres choses : « Ni les avares ni les rapaces ne posséderont le royaume de Dieu. » D'ailleurs, en un autre passage, le même apôtre compare l'avarice à la servitude des idoles : « et l'avarice, dit-il, qui est une servitude des idoles. » Cette pensée, le même Cyprien l'a poussée si loin dans sa lettre à Antonianus qu'il n'a pas hésité à comparer l'avarice au péché de ceux qui, au temps de la persécution, avaient attesté par des certificats qu'ils offriraient l'encens. Ainsi donc, celui qui est baptisé dans l'hérésie au nom de la sainte Trinité ne devient cependant pas temple de Dieu s'il ne renonce pas à son hérésie, tout comme l'avare baptisé au même nom ne devient pas temple de Dieu s'il ne renonce pas à l'avarice, qui est servitude des idoles. Car le même apôtre dit aussi : « Quel accord entre le temple de Dieu et les idoles ? » Qu'on ne nous demande donc pas de quel Dieu devient le temple celui dont nous affirmons qu'il ne devient pas temple de Dieu. Car il n'en est pas moins baptisé pour autant, et son erreur impure n'empêche pas le sacrement qu'il a reçu, consacré par les paroles de l'Évangile, d'être saint. De même que l'avarice de l'autre – qui est servitude des idoles et grande impureté – ne peut empêcher d'être saint le baptême qu'il reçoit, même s'il est baptisé par un autre avare, de la même manière et par les mêmes paroles de l'Évangile.”