Prescription contre les hérétiques
Opposition contre les hérétiques De prescriptione haereticorum
11 citations · 8 sujets
“... qu'il y a un Dieu absolument unique, le Créateur du monde ; c'est lui qui a tiré l'univers du néant par son Verbe, émis avant toute chose.”
“Voici donc la règle de foi, et nous affirmons dès maintenant que c'est elle que nous défendons : il s'agit de croire qu'il n'y a absolument qu'un seul Dieu, et nul autre que le créateur du monde, qui a produit l'univers à partir de rien par son Verbe, émis le premier de tous.”
“Où était alors Marcion, cet armateur du Pont, adepte du stoïcisme ? Où était Valentin, disciple du platonisme ? Car il est bien établi qu'ils ne sont pas si anciens, puisqu'ils vécurent à peu près sous le principat d'Antonin, et qu'ils adhérèrent d'abord à la doctrine catholique au sein de l'église de Rome, sous l'épiscopat du bienheureux Éleuthère. Ils y restèrent jusqu'à ce que leur curiosité toujours inquiète, qui les poussait d'ailleurs à se tenir à l'écart des frères, leur vaille d'être exclus une première, puis une seconde fois...”
“C'est pourquoi ils ont fondé des églises dans chaque cité. Auprès d'elles, les autres églises ont ensuite emprunté — et continuent d'emprunter chaque jour — le surgeon de la foi et les semences de la doctrine pour devenir elles-mêmes des églises. De ce fait, elles sont, elles aussi, considérées comme apostoliques, en tant que descendance des églises apostoliques. Toute lignée doit nécessairement être rattachée à son origine. Par conséquent, ces églises, si nombreuses et si grandes, n'en sont qu'une seule : cette Église première, issue des apôtres, de qui toutes procèdent. Ainsi, toutes sont premières et apostoliques, dès lors qu'elles attestent toutes ensemble de leur unité, tant qu'elles maintiennent entre elles la communion de la paix, le titre de fraternité et le partage des droits de l'hospitalité ; ces liens sacrés n'ont d'autre règle que l'unique tradition d'un même mystère.”
“C'est donc ici que nous intervenons, et nous voudrions avant tout faire cette remarque capitale : on ne peut prouver ce que les Apôtres ont prêché — c'est-à-dire ce que le Christ leur a révélé — autrement que par les Églises qu'ils ont eux-mêmes fondées en leur prêchant personnellement, tant de vive voix, comme on dit, que plus tard par leurs lettres. S'il en est ainsi, il est donc évident que toute doctrine qui s'accorde avec ces Églises apostoliques, mères et sources originelles de la foi, doit être considérée comme la vérité, puisqu'elle détient sans aucun doute ce que les Églises ont reçu des Apôtres, les Apôtres du Christ, et le Christ de Dieu. Inversement, toute doctrine qui contredit la vérité des Églises, des Apôtres, du Christ et de Dieu doit être d'emblée jugée mensongère. Il reste par conséquent à démontrer si notre doctrine, dont nous avons exposé la règle plus haut, relève bien de la tradition des Apôtres et, par là même, si les autres procèdent du mensonge.”
“D'ailleurs, si certaines hérésies osent se rattacher à l’âge apostolique pour donner l’impression d’avoir été transmises par les Apôtres, au prétexte qu’elles existaient à leur époque, nous pouvons leur lancer ce défi : qu’elles exposent donc l’origine de leurs églises ! Qu’elles déroulent la liste de leurs évêques, en suivant la succession depuis l’origine, de sorte que leur tout premier évêque ait eu pour fondateur et prédécesseur l’un des Apôtres, ou l’un de ces hommes apostoliques qui, bien entendu, aura persévéré avec les Apôtres. C’est en effet de cette manière que les églises apostoliques justifient leur filiation : ainsi, l’Église de Smyrne atteste que Polycarpe y fut établi par Jean, et celle de Rome, que Clément y fut ordonné par Pierre. De même, les autres églises peuvent-elles aussi montrer quels hommes, établis par les Apôtres dans l’épiscopat, elles possèdent comme transmetteurs de la semence apostolique. Que les hérétiques inventent quelque chose de semblable ! Après le blasphème, qu’est-ce qui leur est encore interdit ? Mais même s’ils l’inventaient, cela ne leur servirait à rien. Car leur doctrine elle-même, comparée à celle des Apôtres, manifestera par sa divergence et sa contradiction qu’elle n’a pour auteur ni un apôtre, ni un homme apostolique. En effet, de même que les Apôtres n’auraient pas enseigné des doctrines contradictoires, les hommes apostoliques n’auraient pas non plus transmis un enseignement contraire aux Apôtres – à moins, bien sûr, que ceux qui furent formés par les Apôtres se soient mis à prêcher autre chose ! C’est donc à ce critère que les hérésies seront jugées, par comparaison avec ces églises qui, bien qu’elles ne puissent présenter aucun Apôtre ou homme apostolique comme fondateur — étant beaucoup plus récentes, et de nouvelles étant même fondées chaque jour —, n’en sont pas moins tenues pour apostoliques, parce qu’elles convergent dans la même foi, en vertu de la parenté de leur doctrine. Ainsi, que toutes les hérésies, mises au défi par nos églises selon ce double critère, prouvent donc leur prétendue apostolicité de la manière qui leur conviendra. Mais en réalité, elles ne le sont pas, et ne peuvent prouver ce qu’elles ne sont pas. Elles ne sont d’ailleurs pas accueillies dans la paix et la communion par les églises qui sont, d’une manière ou d’une autre, apostoliques ; et pour cause : en raison de la divergence de leur règle de foi, elles ne sont elles-mêmes en rien apostoliques.”
“Quelque chose aurait-il échappé à Pierre, appelé la pierre sur laquelle l'église serait bâtie, lui qui a reçu les clés du royaume des cieux et le pouvoir de délier et de lier dans les cieux et sur la terre ?”
“C'est de cette manière, en effet, que les églises apostoliques présentent leurs titres de succession : ainsi, l'église de Smyrne rapporte que Polycarpe fut établi par Jean ; de même, celle de Rome fait connaître que Clément fut ordonné par Pierre.”
“Si, par ailleurs, tu es proche de l'Italie, tu as Rome, d'où l'autorité nous est aussi accessible. Bienheureuse Église ! C'est pour elle que les Apôtres ont répandu toute leur doctrine avec leur propre sang ; là où Pierre est assimilé à la passion du Seigneur ; là où Paul est couronné de la même fin que Jean ; là où l'apôtre Jean, après avoir été plongé dans l'huile bouillante sans en souffrir, est exilé sur une île.”
“C’est en effet de cette manière que les églises apostoliques présentent leurs listes de succession : ainsi, l’église de Smyrne atteste que Polycarpe a été établi par Jean, et celle de Rome proclame que Clément a été ordonné par Pierre.”
“En effet, peu leur importent leurs divergences, du moment qu’ils s’unissent pour saper l’unique vérité. Tous sont bouffis d’orgueil, tous promettent la connaissance. Leurs catéchumènes sont parfaits avant même d’être instruits. Leurs femmes hérétiques elles-mêmes, quelle impudence ! Elles qui osent enseigner, débattre, pratiquer des exorcismes, jusqu’à promettre des guérisons.”