L'Église catholique
17 citations
L’Église catholique est désignée très tôt dans l’histoire chrétienne par un terme dont les racines grecques, katholikos, signifient « selon (kata) le tout (holos) », autrement dit « universel ». Dès le début des années 100, nous trouvons saint Ignace d’Antioche, en Syrie, uti…
“Je ne veux plus vivre à la manière des hommes. Et cela se fera, si vous le voulez. Voulez-le, afin que vous aussi, vous trouviez sa faveur. Je vous le demande en quelques mots : croyez-moi. Jésus Christ vous manifestera que je dis la vérité ; il est la bouche qui ne ment pas, en qui le Père a véritablement parlé. Priez pour moi, afin que j’atteigne mon but. Ce n’est pas selon la chair que je vous ai écrit, mais selon la pensée de Dieu. Si je souffre le martyre, c’est que vous m’aurez voulu du bien ; mais si je suis rejeté, c’est que vous m’aurez haï.”
“Plein d'allégresse, il glorifie Dieu le Père tout-puissant et bénit notre Seigneur Jésus-Christ, le sauveur de nos âmes, le guide de nos corps et le pasteur de l'église catholique répandue dans le monde entier.”
“... cependant, il y a une lettre à Philémon, une à Tite et deux à Timothée, écrites par affection et par amour ; elles sont néanmoins tenues pour sacrées en l’honneur de l’église catholique, pour l’organisation de la discipline ecclésiastique. On fait aussi circuler une lettre aux Laodicéens et une autre aux Alexandrins, forgées au nom de Paul pour soutenir l’hérésie de Marcion, ainsi que plusieurs autres écrits qui ne peuvent être reçus dans l’église catholique ; car il ne convient pas de mélanger le fiel au miel. Par ailleurs, l’épître de Jude et les deux lettres sous le nom de Jean sont admises dans l’église catholique, de même que la Sagesse, écrite par les amis de Salomon en son honneur.”
— Fragment muratorien, 59-71
“Où était alors Marcion, cet armateur du Pont, adepte du stoïcisme ? Où était Valentin, disciple du platonisme ? Car il est bien établi qu'ils ne sont pas si anciens, puisqu'ils vécurent à peu près sous le principat d'Antonin, et qu'ils adhérèrent d'abord à la doctrine catholique au sein de l'église de Rome, sous l'épiscopat du bienheureux Éleuthère. Ils y restèrent jusqu'à ce que leur curiosité toujours inquiète, qui les poussait d'ailleurs à se tenir à l'écart des frères, leur vaille d'être exclus une première, puis une seconde fois...”
“Tu m’as également écrit que, par ma faute, une partie de l’Église serait aujourd’hui dispersée. Pourtant, tout le peuple de l’Église est rassemblé, unifié et soudé par une concorde sans faille. Seuls sont restés en dehors ceux qui, même s’ils avaient été à l’intérieur, auraient dû en être chassés. Le Seigneur, protecteur et gardien de son peuple, ne permet pas que le bon grain soit arraché de son aire ; seule la paille peut être séparée de l’Église. L’Apôtre dit en effet : « Et quoi ? Si certains ont été infidèles, leur infidélité anéantira-t-elle la fidélité de Dieu ? Loin de là ! Car Dieu est véridique, et tout homme est menteur. » De même, dans l’Évangile, alors que des disciples l’abandonnaient, le Seigneur se tourna vers les Douze et leur dit : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » Pierre lui répondit : « Seigneur, vers qui irions-nous ? Tu as la parole de la vie éternelle. Et nous, nous croyons et nous savons que tu es le Fils du Dieu vivant. » C’est Pierre qui parle là, celui sur qui l’Église devait être bâtie. Au nom de l’Église, il enseigne et il montre que, même si la foule rebelle et orgueilleuse qui refuse d’obéir s’en va, l’Église, elle, ne se sépare pas du Christ. Et l’Église, c’est cela : le peuple uni à son évêque et le troupeau fidèle à son pasteur. C’est pourquoi tu dois savoir que l’évêque est dans l’Église, et l’Église dans l’évêque, et que si quelqu’un n’est pas avec l’évêque, il n’est pas dans l’Église. Et se flattent en vain ceux qui, n’étant pas en paix avec les évêques de Dieu, s’insinuent et croient pouvoir communier en secret auprès de quelques-uns, puisque l’Église, qui est catholique et une, n’est ni déchirée ni divisée, mais qu’elle est au contraire bien unie et assemblée par le ciment des évêques en cohésion les uns avec les autres.”
— Lettres
“Concernant ceux qui se donnent le nom de « purs » et qui rejoignent l’Église catholique et apostolique, le saint et grand concile a décidé qu’après avoir reçu l’imposition des mains, ils demeureront dans le clergé. Avant toute chose, il leur faut cependant professer par écrit qu’ils adhéreront et se conformeront aux doctrines de l’Église catholique et apostolique. Cela signifie qu’ils communieront avec les personnes mariées en secondes noces ainsi qu’avec ceux qui ont failli durant la persécution, pour lesquels une durée et un temps de pénitence ont été fixés. Ainsi, ils devront suivre en toutes choses les doctrines de l’Église catholique. Par conséquent, là où, que ce soit dans les villages ou dans les villes, tous les clercs ordonnés se trouvent être uniquement des leurs, ceux qui sont membres du clergé conserveront leur rang. En revanche, si certains d’entre eux arrivent là où il y a déjà un évêque ou un prêtre de l’Église catholique, il est clair que l’évêque de l’Église conservera sa dignité épiscopale. Quant à celui qui porte le titre d’évêque chez ceux qu’on nomme les « purs », il aura le rang honorifique de prêtre, à moins que l’évêque ne juge bon de lui laisser partager l’honneur de ce titre. Si cette solution ne lui convient pas, il devra lui trouver un poste, soit de chorévêque, soit de prêtre, afin qu’il apparaisse clairement faire partie du clergé et pour qu’il n’y ait pas deux évêques dans la même ville.”
Traduction française à venir.
Traduction française à venir.
“Ceux qui, venant de l'hérésie, se joignent à l'orthodoxie et à la communauté de ceux qui sont sauvés, nous les recevons selon la procédure et la coutume décrites ci-dessous. Quant aux Ariens, Macédoniens, Sabbatiens et Novatiens — qui se nomment eux-mêmes Cathares et Aristes —, ainsi que les Quartodécimans — que l'on appelle aussi Tétradites — et les Apollinaristes, nous les recevons à condition qu'ils présentent une profession de foi écrite et anathématisent toute hérésie qui ne professe pas la même foi que la sainte Église de Dieu, catholique et apostolique. Ils sont alors marqués du sceau, c'est-à-dire oints, d'abord sur le front, puis sur les yeux, les narines, la bouche et les oreilles, avec le saint chrême. En les marquant de ce sceau, nous disons : « Sceau du don de l'Esprit Saint. » Quant aux Eunomiens, qui ne baptisent que par une seule immersion, aux Montanistes, que l'on appelle ici Phrygiens, aux Sabelliens, qui enseignent l'identité du Père et du Fils et commettent d'autres erreurs graves, et à toutes les autres hérésies — car il y en a beaucoup ici, surtout celles qui viennent de la région de Galatie —, nous recevons tous ceux d'entre eux qui désirent se joindre à l'orthodoxie de la même manière que les païens. Le premier jour, nous faisons d'eux des chrétiens ; le deuxième, des catéchumènes. Ensuite, le troisième jour, nous les exorcisons en soufflant par trois fois sur leur visage et dans leurs oreilles. C'est ainsi que nous les catéchisons, et nous les faisons demeurer un certain temps dans l'église pour écouter les Écritures ; et alors seulement, nous les baptisons.”
“Elle est donc appelée « catholique » parce qu’elle est répandue dans le monde entier, d’une extrémité de la terre à l’autre. Et parce qu’elle enseigne universellement et sans rien omettre l’ensemble des dogmes qui doivent parvenir à la connaissance des hommes, qu’il s’agisse des réalités visibles ou invisibles, célestes ou terrestres. Et parce qu’elle soumet à la piété tout le genre humain, gouvernants et gouvernés, savants et ignorants. Et parce qu’elle soigne et guérit universellement toute espèce de péché, ceux qui sont commis par l’âme comme par le corps ; et qu’elle possède en elle toute forme de vertu qui puisse exister, en actes et en paroles, ainsi qu’en toutes sortes de dons spirituels.”
“Puisque le nom d’Église s’applique à différentes réalités — ainsi qu’il est écrit au sujet de la foule qui se trouvait dans le théâtre d’Éphèse : Et après avoir dit cela, il renvoya l’assemblée —, et puisque l’on pourrait dire avec raison, et même en vérité, que les rassemblements des hérétiques — je veux parler des marcionites, des manichéens et des autres — sont une « assemblée de méchants », c’est pourquoi la Foi t’a maintenant enseigné, pour ta sécurité, à professer : « et en une seule, sainte, Église catholique ». Ceci, afin que tu fuies leurs misérables groupuscules et que tu demeures pour toujours attaché à la sainte Église catholique dans laquelle tu es rené. Et si un jour tu séjournes dans une ville, ne demande pas simplement où se trouve la « maison du Seigneur » (car les autres sectes impies essaient aussi d’appeler leurs propres repaires « maisons du Seigneur »), ni simplement où est l’église, mais : « Où est l’Église catholique ? » Car tel est le nom propre de cette sainte Église, qui est la mère de nous tous. Elle est en effet l’épouse de notre Seigneur Jésus Christ, le Fils unique de Dieu (car il est écrit : De même que le Christ a aimé l’Église et s’est livré lui-même pour elle, et toute la suite). Elle est la figure et l'image de la Jérusalem d'en haut, qui est libre et qui est notre mère à tous. Elle qui était autrefois stérile est maintenant mère de nombreux enfants.”
“Dans l’Église catholique, en effet, pour laisser de côté cette sagesse d’une parfaite pureté — à la connaissance de laquelle peu de spirituels parviennent en cette vie, de sorte qu’ils la connaissent pour une part infime, certes, puisqu'ils sont des hommes, mais de manière indubitable —, car pour le reste de la foule, ce n’est pas la vivacité de l’intelligence qui la met en pleine sécurité, mais la simplicité de la foi ; pour laisser donc de côté cette sagesse, dont vous niez la présence dans l’Église catholique, bien d’autres raisons me retiennent à très juste titre en son sein. Me retient l’assentiment des peuples et des nations. Me retient une autorité inaugurée par les miracles, nourrie par l’espérance, accrue par la charité, affermie par l’ancienneté. Me retient la succession des prêtres, depuis le siège même de l’apôtre Pierre — à qui le Seigneur, après sa résurrection, a confié ses brebis pour qu’il les paisse — jusqu’à l’épiscopat actuel. Me retient, enfin, le nom même de « catholique », que, non sans raison, seule cette Église a conservé parmi tant d’hérésies, au point que, bien que tous les hérétiques veuillent se dire catholiques, si un étranger demande où se trouve l’église catholique, aucun d’eux n’ose lui indiquer sa propre basilique ou sa propre maison. Voilà donc les liens si nombreux, si importants et si chers du nom chrétien qui retiennent à juste titre le croyant dans l’Église catholique, même si, en raison de la lenteur de notre intelligence ou du mérite de notre vie, la vérité ne se montre pas encore dans sa pleine clarté. Chez vous, en revanche, où rien de tout cela n’existe pour m’attirer et me retenir, seule résonne la promesse de la vérité. Certes, si cette vérité était démontrée avec une telle évidence qu’elle ne puisse être mise en doute, il faudrait la préférer à toutes les raisons qui me retiennent dans l'Église catholique. Mais si elle n’est que promise sans être jamais produite, personne ne pourra m’arracher à la foi qui lie mon âme, par des liens si nombreux et si forts, à la religion chrétienne.”
— Contre la lettre de Mani appelée « La Fondation », Contra Epistulam Manichaei quam vocant Fundamenti, Caput 4, 5. (Migne, Patrologia Latina vol. 42, col. 175).
“Si donc tu rencontrais quelqu’un qui ne croit pas encore à l’Évangile, que ferais-tu s’il te disait : « Je ne crois pas » ? Pour ma part, je ne croirais pas à l’Évangile si l’autorité de l’Église catholique ne m’y poussait.”
“Nous croyons aussi en la sainte Église, c'est-à-dire l'Église catholique. En effet, les hérétiques comme les schismatiques appellent « églises » leurs propres communautés. Mais les hérétiques, en professant des erreurs au sujet de Dieu, portent atteinte à la foi elle-même ; les schismatiques, quant à eux, par leurs déchirements injustes, rompent avec la charité fraternelle, bien qu'ils croient ce que nous croyons. C'est pourquoi ni les hérétiques n'appartiennent à l'Église catholique, car elle aime Dieu ; ni les schismatiques, car elle aime le prochain. C'est aussi la raison pour laquelle elle pardonne facilement les péchés du prochain : parce qu'elle prie pour recevoir elle-même le pardon de Celui qui nous a réconciliés avec lui, effaçant tout le passé et nous appelant à une vie nouvelle. Et tant que nous n'avons pas atteint la perfection de cette vie, nous ne pouvons être sans péchés ; toutefois, leur nature n'est pas sans importance.”
“C'est pourquoi, mon très cher Romanianus, comme je t'avais promis il y a quelques années de t'écrire ce que je pense de la vraie religion, j'ai jugé que le moment était venu. L'affection qui me lie à toi ne me permettait plus, en effet, de supporter de voir tes interrogations si vives flotter sans trouver de certitude. Il faut donc écarter tous ceux qui ne philosophent pas sur le sacré et ne sacralisent pas leur philosophie ; ceux qui, enflés d'orgueil par une opinion fausse ou une quelconque rivalité, se sont détournés de la règle et de la communion de l'église catholique ; et ceux qui ont refusé de recevoir la lumière des saintes Écritures et la grâce du peuple spirituel – ce que l'on nomme le Nouveau Testament –, et que j'ai évoqués aussi brièvement que possible. Pour notre part, nous devons nous attacher à la religion chrétienne et à la communion de son Église, celle qui est catholique et que l'on nomme catholique, non seulement ses propres membres, mais aussi tous ses ennemis. En effet, qu'ils le veuillent ou non, les hérétiques eux-mêmes et les partisans des schismes, lorsqu'ils s'adressent non pas aux leurs mais à des gens de l'extérieur, n'appellent la Catholique que par son nom : la Catholique. Car ils ne pourraient pas se faire comprendre s'ils ne la désignaient par ce nom, celui que lui donne le monde entier.”
“J'ai donc souvent cherché avec beaucoup d'ardeur et la plus grande attention auprès de très nombreux hommes qui excellaient par leur sainteté et leur doctrine, par quel moyen je pourrais, selon une règle pour ainsi dire générale et constante, distinguer la vérité de la foi catholique de la fausseté de la perversion hérétique. De la quasi-totalité d'entre eux, j'ai toujours reçu cette réponse : si moi-même ou n'importe qui d'autre voulait démasquer les impostures des hérétiques qui surgissent, éviter leurs pièges et conserver une foi saine et intacte, il devait, avec l'aide du Seigneur, affermir sa foi par un double moyen : premièrement, par l'autorité de la loi divine, et ensuite, par la tradition de l'église catholique. Ici, quelqu'un demandera peut-être : puisque le canon de l'Écriture est parfait et qu'il se suffit amplement à lui-même en toutes choses, pourquoi est-il nécessaire d'y joindre l'autorité de l'interprétation ecclésiale ? La raison en est que l'Écriture sainte, en raison de sa profondeur même, n'est pas comprise par tous dans un seul et même sens. Ses paroles sont interprétées de manières différentes par les uns et les autres, de sorte qu'on pourrait presque dire qu'il y a autant d'interprétations que de lecteurs. En effet, Novatien l'expose d'une manière, Sabellius d'une autre, Donat d'une autre ; d'une autre encore Arius, Eunomius, Macédonius ; d'une autre Photin, Apollinaire, Priscillien ; d'une autre Jovinien, Pélage, Célestius ; et enfin, d'une autre encore, Nestorius. C'est pourquoi, face à de si nombreux et si tortueux replis de l'erreur, il est absolument nécessaire que la ligne d'interprétation prophétique et apostolique soit dirigée selon la norme du sens ecclésial et catholique. De même, au sein de l'église catholique elle-même, il faut veiller avec le plus grand soin à nous en tenir à ce qui a été cru partout, toujours et par tous. Voilà en effet ce qui est véritablement et proprement catholique, comme l'indiquent la force et la signification même de ce mot, qui embrasse la quasi-totalité des choses de manière universelle.”
— Cahiers
“Puisque dans certaines provinces il a été permis aux lecteurs et aux psalmistes de se marier, le saint concile a décidé qu'aucun d'entre eux n'a le droit de prendre pour épouse une femme d'une autre foi. Quant à ceux qui ont déjà eu des enfants de ce genre d'union, s'ils ont pris les devants en les faisant baptiser chez les hérétiques, il convient qu'ils les présentent à la communion de l'Église catholique. Pour les enfants non encore baptisés, il ne leur est plus possible de les faire baptiser chez les hérétiques. De même, un mariage ne doit pas être contracté avec une personne hérétique, juive ou païenne, à moins que la personne qui doit s'unir à la partie orthodoxe ne promette de se convertir à la foi orthodoxe. Si quelqu'un venait à transgresser cette décision du saint concile, il serait soumis à la sanction canonique.”