Contre la lettre de Mani appelée « La Fondation »

Contre l’Épître fondamentale de Mani Contre l’Épître de Mani appelée « Fondamentale »

St. Augustin d'Hippone

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Dans l’Église catholique, en effet, pour laisser de côté cette sagesse d’une parfaite pureté — à la connaissance de laquelle peu de spirituels parviennent en cette vie, de sorte qu’ils la connaissent pour une part infime, certes, puisqu'ils sont des hommes, mais de manière indubitable —, car pour le reste de la foule, ce n’est pas la vivacité de l’intelligence qui la met en pleine sécurité, mais la simplicité de la foi ; pour laisser donc de côté cette sagesse, dont vous niez la présence dans l’Église catholique, bien d’autres raisons me retiennent à très juste titre en son sein. Me retient l’assentiment des peuples et des nations. Me retient une autorité inaugurée par les miracles, nourrie par l’espérance, accrue par la charité, affermie par l’ancienneté. Me retient la succession des prêtres, depuis le siège même de l’apôtre Pierre — à qui le Seigneur, après sa résurrection, a confié ses brebis pour qu’il les paisse — jusqu’à l’épiscopat actuel. Me retient, enfin, le nom même de « catholique », que, non sans raison, seule cette Église a conservé parmi tant d’hérésies, au point que, bien que tous les hérétiques veuillent se dire catholiques, si un étranger demande où se trouve l’église catholique, aucun d’eux n’ose lui indiquer sa propre basilique ou sa propre maison. Voilà donc les liens si nombreux, si importants et si chers du nom chrétien qui retiennent à juste titre le croyant dans l’Église catholique, même si, en raison de la lenteur de notre intelligence ou du mérite de notre vie, la vérité ne se montre pas encore dans sa pleine clarté. Chez vous, en revanche, où rien de tout cela n’existe pour m’attirer et me retenir, seule résonne la promesse de la vérité. Certes, si cette vérité était démontrée avec une telle évidence qu’elle ne puisse être mise en doute, il faudrait la préférer à toutes les raisons qui me retiennent dans l'Église catholique. Mais si elle n’est que promise sans être jamais produite, personne ne pourra m’arracher à la foi qui lie mon âme, par des liens si nombreux et si forts, à la religion chrétienne.

Contra Epistulam Manichaei quam vocant Fundamenti, Caput 4, 5. (Migne, Patrologia Latina vol. 42, col. 175).

Si donc tu rencontrais quelqu’un qui ne croit pas encore à l’Évangile, que ferais-tu s’il te disait : « Je ne crois pas » ? Pour ma part, je ne croirais pas à l’Évangile si l’autorité de l’Église catholique ne m’y poussait.

Dans l’Église catholique, en effet, pour laisser de côté cette sagesse d’une parfaite pureté — à la connaissance de laquelle peu de spirituels parviennent en cette vie, de sorte qu’ils la connaissent pour une part infime, certes, puisqu'ils sont des hommes, mais de manière indubitable —, car pour le reste de la foule, ce n’est pas la vivacité de l’intelligence qui la met en pleine sécurité, mais la simplicité de la foi ; pour laisser donc de côté cette sagesse, dont vous niez la présence dans l’Église catholique, bien d’autres raisons me retiennent à très juste titre en son sein. Me retient l’assentiment des peuples et des nations. Me retient une autorité inaugurée par les miracles, nourrie par l’espérance, accrue par la charité, affermie par l’ancienneté. Me retient la succession des prêtres, depuis le siège même de l’apôtre Pierre — à qui le Seigneur, après sa résurrection, a confié ses brebis pour qu’il les paisse — jusqu’à l’épiscopat actuel. Me retient, enfin, le nom même de « catholique », que, non sans raison, seule cette Église a conservé parmi tant d’hérésies, au point que, bien que tous les hérétiques veuillent se dire catholiques, si un étranger demande où se trouve l’église catholique, aucun d’eux n’ose lui indiquer sa propre basilique ou sa propre maison. Voilà donc les liens si nombreux, si importants et si chers du nom chrétien qui retiennent à juste titre le croyant dans l’Église catholique, même si, en raison de la lenteur de notre intelligence ou du mérite de notre vie, la vérité ne se montre pas encore dans sa pleine clarté. Chez vous, en revanche, où rien de tout cela n’existe pour m’attirer et me retenir, seule résonne la promesse de la vérité. Certes, si cette vérité était démontrée avec une telle évidence qu’elle ne puisse être mise en doute, il faudrait la préférer à toutes les raisons qui me retiennent dans l'Église catholique. Mais si elle n’est que promise sans être jamais produite, personne ne pourra m’arracher à la foi qui lie mon âme, par des liens si nombreux et si forts, à la religion chrétienne.

Contra Epistulam Manichaei quam vocant Fundamenti, Caput 4, 5. (Migne, Patrologia Latina vol. 42, col. 175).

Dans l’Église catholique, en effet, laissons de côté cette sagesse dans sa plus grande pureté – à laquelle peu d’hommes spirituels parviennent en cette vie, pour la connaître ne serait-ce que de manière infime (car ils sont humains), mais du moins sans l’ombre d’un doute ; pour le reste de la foule, c’est la simplicité de la foi, et non la vivacité de l’intelligence, qui constitue la plus grande sécurité. Laissons donc de côté cette sagesse, dont vous niez la présence dans l’Église catholique : bien d’autres réalités me retiennent très légitimement en son sein. Me retient le consentement des peuples et des nations. Me retient une autorité inaugurée par les miracles, nourrie par l’espérance, accrue par la charité, affermie par l’ancienneté. Me retient, depuis le siège même de l’apôtre Pierre à qui le Seigneur a confié ses brebis à paître après sa résurrection, la succession des évêques jusqu’à l’épiscopat actuel. Me retient enfin le nom même de « Catholique » que, non sans raison, au milieu de tant d’hérésies, cette Église a seule gardé ; de fait, bien que tous les hérétiques veuillent se dire catholiques, si un étranger demande où l’on se réunit à la Catholique, aucun d’eux n’ose lui indiquer sa propre basilique ou sa propre maison. Voilà donc les liens si nombreux, si grands et si précieux du nom chrétien qui retiennent à juste titre le croyant dans l’Église catholique, même si, en raison de la lenteur de notre intelligence ou des mérites de notre vie, la vérité ne se manifeste pas encore avec la dernière évidence. Chez vous, au contraire, où il n’y a rien de tout cela pour m’attirer et me retenir, seule résonne la promesse de la vérité. Certes, si cette vérité est démontrée avec une telle évidence qu’il soit impossible d’en douter, elle doit être préférée à tout ce qui me retient dans l’Église catholique. Mais si elle n’est que promise sans être jamais montrée, personne ne pourra m’arracher à cette foi qui lie mon âme par des liens si nombreux et si forts à la religion chrétienne.