Pénitence

Sur la repentance Concernant la repentance

St. Ambroise de Milan

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L’église observe l’obéissance sur les deux points : elle lie le péché et elle le délie. L’hérésie, au contraire, est impitoyable sur un point et désobéissante sur l’autre : elle veut lier ce qu’elle ne délie pas, et elle ne veut pas délier ce qu’elle a lié. En cela même, elle se condamne par sa propre sentence. Car le Seigneur a voulu que le droit de délier et de lier soit égal, lui qui a accordé l’un et l’autre à la même condition. Par conséquent, celui qui n’a pas le droit de délier n’a pas non plus celui de lier. En effet, tout comme, selon la parole du Seigneur, celui qui a le droit de lier a aussi celui de délier, de même leur propre affirmation les étrangle : puisqu’ils se refusent le droit de délier, ils devraient aussi se refuser celui de lier. Comment donc l’un pourrait-il être permis, et l’autre non ? Pour ceux à qui ce double pouvoir a été donné, il est évident que soit les deux sont permis, soit les deux sont interdits. À l’église, les deux sont permis ; à l’hérésie, les deux sont interdits. Car ce droit n’a été accordé qu’aux seuls prêtres. C’est donc à juste titre que l’église le revendique, elle qui a de vrais prêtres. L’hérésie ne peut le revendiquer, elle qui n’a pas les prêtres de Dieu. Mais en ne le revendiquant pas, elle prononce elle-même sa sentence : puisqu’elle n’a pas de prêtres, elle ne doit pas s’arroger le droit sacerdotal. Ainsi, dans son obstination éhontée, nous discernons un aveu plein de pudeur.

Et c'est à juste titre qu'ils l'avouent pour eux-mêmes, car ils n'ont pas l'héritage de Pierre, ceux qui n'ont pas le siège de Pierre, qu'ils déchirent par une division impie. Mais c'est avec perversité qu'ils nient que les péchés puissent être pardonnés même dans l'église, alors qu'il a été dit à Pierre : « Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux » ; alors que le vase d'élection du Seigneur dit lui-même : « Si vous pardonnez à quelqu'un, je pardonne aussi ; car ce que j'ai moi-même pardonné, je l'ai fait pour vous en la personne du Christ ». Pourquoi donc lisent-ils Paul, s'ils estiment qu'il a commis une erreur si impie qu'il s'est arrogé le droit de son Seigneur ? Mais il a exercé un droit reçu, et non usurpé un droit indu.