Histoire de l’Église

Histoire ecclésiastique

Eusèbe de Césarée

6 citations · 5 sujets

CHAPITRE 21. Les écrivains ecclésiastiques illustres de cette époque. À cette époque florissaient dans l'Église Hégésippe, que nous connaissons par ce qui précède, Denys, évêque de Corinthe, Pinyte, évêque de Crète, et avec eux Philippe, Apollinaire et Méliton, ainsi que Mousanos et Modeste, et enfin Irénée. De tous ces auteurs, l'orthodoxie de la saine foi, consignée par écrit et issue de la tradition apostolique, nous a été transmise.

Livre 4, Chapitre 21, Section 1

Ils affirment en effet que tous les anciens, et les apôtres eux-mêmes, ont reçu et enseigné ce qu’eux-mêmes professent aujourd’hui, et que la vérité de la prédication a été préservée jusqu’à l’époque de Victor, qui fut le treizième évêque de Rome depuis Pierre ; mais qu’à partir de son successeur Zéphyrin, la vérité a été corrompue.

Livre 5, Chapitre 28

Parmi les autres compagnons de Paul, il est attesté par l’apôtre lui-même que Crescens fut envoyé dans les Gaules. Quant à Linus, dont Paul mentionne la présence à ses côtés à Rome dans la seconde Épître à Timothée, nous avons déjà indiqué qu’il fut le premier après Pierre à recevoir l’épiscopat de l’église de Rome. Clément, pour sa part, qui fut institué troisième évêque de cette même église de Rome, est présenté par le témoignage de Paul comme ayant été son collaborateur et son compagnon de combat.

CHAPITRE 23 Une controverse d'une importance considérable éclata à cette époque. En effet, les églises de toute l'Asie, s'appuyant sur une tradition très ancienne, estimaient devoir observer le quatorzième jour de la lune pour la fête de la Pâque salvatrice, jour où il avait été prescrit aux Juifs d'immoler l'agneau. Cette manière de célébrer n'était cependant pas la coutume des Églises du reste du monde. Celles-ci suivaient en effet la coutume issue de la tradition apostolique, encore en vigueur aujourd'hui, selon laquelle il ne fallait mettre fin aux jeûnes aucun autre jour que celui de la résurrection de notre Sauveur. Des synodes et des assemblées d'évêques eurent donc lieu. D'un commun accord, ils formulèrent tous par lettre une règle ecclésiastique à l'adresse des fidèles du monde entier : le mystère de la résurrection du Seigneur d'entre les morts ne devait être célébré aucun autre jour que le dimanche, et c'est ce jour-là seulement que nous devions mettre un terme aux jeûnes de la Pâque. CHAPITRE 24 À la suite de cela, Victor, qui était à la tête de l'Église de Rome, tenta aussitôt de couper de l'union commune les églises de toute l'Asie et des régions voisines, au motif qu'elles professaient une opinion contraire. Il les dénonça publiquement par écrit, déclarant tous les frères de là-bas entièrement exclus de la communion. Mais cela ne plut pas à tous les évêques. Au contraire, ils l'exhortèrent à se préoccuper de la paix, de l'unité et de l'amour envers le prochain. On conserve d'ailleurs les écrits de ceux qui réprimandèrent Victor assez vivement. Parmi eux se trouve Irénée, qui [...] adresse à Victor les remontrances qui s'imposent : il ne doit pas retrancher des Églises de Dieu entières qui ne font que respecter une tradition héritée d'une coutume ancienne, et il lui prodigue de nombreux autres conseils.

[§ 6] Ils connaissaient le Christ de Dieu lui-même. En effet, il a été précédemment démontré qu’il était apparu à Abraham, qu’il s’était adressé à Isaac, qu’il avait parlé à Jacob, et qu’il s’était entretenu avec Moïse et les prophètes venus après lui. [§ 7] C’est pourquoi l’on trouve que ces hommes aimés de Dieu ont même été honorés du nom de Christ, conformément à la parole qui dit à leur sujet : « Ne touchez pas à mes oints et ne faites aucun mal à mes prophètes. » [§ 8] Il faut donc clairement considérer comme la toute première, la plus ancienne et la plus vénérable manifestation de la piété, celle de ces hommes aimés de Dieu qui entouraient Abraham ; c’est elle-même qui, récemment, a été annoncée à toutes les nations par l’enseignement du Christ. [§ 9] Et si l’on dit qu’Abraham reçut bien plus tard le commandement de la circoncision, il est attesté cependant qu’avant cela, il fut déclaré juste par la foi, comme le dit la parole divine : « Abraham crut en Dieu, et cela lui fut compté comme justice. » [§ 10] Alors qu’il était dans cet état, avant la circoncision, un oracle lui fut annoncé par le Dieu qui lui était apparu – et celui-ci n’était autre que le Christ, le Verbe de Dieu lui-même. Cet oracle concernait ceux qui, dans les temps à venir, devaient être justifiés de la même manière que lui, et disait en ces termes : « En toi seront bénies toutes les tribus de la terre. » Et aussi qu’il deviendrait « une nation grande et nombreuse », et qu’« en lui seraient bénies toutes les nations de la terre ». Il est d’ailleurs aisé de constater que cela s’est accompli en nous. [§ 11] Quel obstacle pourrait-il donc encore exister pour nous empêcher de reconnaître que notre mode de vie et notre forme de piété, à nous qui venons du Christ, sont identiques à ceux des anciens hommes aimés de Dieu ? Il est ainsi démontré que la parfaite règle de piété qui nous a été transmise par l’enseignement du Christ n’est ni nouvelle ni étrangère, mais – s’il faut dire la vérité – qu’elle est la première, l’unique et la véritable.

Eusebius, Historia Ecclesiastica, I, 4, 6-11

Les fidèles de l’Église locale rapportent donc au sujet de Narcisse bien d’autres prodiges, qu’ils tiennent de la tradition des frères qui se sont succédé. Parmi eux, ils narrent le miracle suivant, accompli par son intermédiaire. Ils racontent qu’une fois, au cours de la grande veillée pascale, l’huile vint à manquer aux diacres. L’assemblée tout entière fut alors saisie d’un profond désarroi ; Narcisse ordonna donc à ceux qui étaient chargés des lampes de puiser de l’eau à un puits voisin et de la lui apporter. Cela fut exécuté sur-le-champ ; il pria sur l’eau et leur enjoignit, avec une foi authentique dans le Seigneur, de la verser dans les lampes. Et lorsqu’ils l’eurent fait, défiant toute logique et par une puissance extraordinaire et divine, la nature de l’eau se changea en une huile épaisse. D’ailleurs, un petit échantillon de ce miracle a été conservé depuis lors, pendant très longtemps et jusqu’à nos jours, par un grand nombre de frères.

Livre 6, Chapitre 9, sections 1-3.