Firmilien de Césarée
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“XVI. Quelle erreur et quel aveuglement sont ceux de celui qui affirme que la rémission des péchés peut être accordée dans les synagogues des hérétiques, et qui ne demeure pas sur le fondement de l'unique Église, laquelle a été, une fois pour toutes, solidement établie par le Christ sur la pierre. On peut le comprendre par le fait que le Christ a dit à Pierre seul : « Tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux » ; et de même, dans l’Évangile, lorsque le Christ souffla sur les seuls Apôtres en disant : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus ». Le pouvoir de remettre les péchés a donc été donné aux Apôtres, ainsi qu’aux Églises que ceux-ci, envoyés par le Christ, ont établies, et aux évêques qui leur ont succédé en vertu de leur ordination. Quant aux ennemis de l'unique Église catholique, dont nous faisons partie, et à nos adversaires, nous qui avons succédé aux Apôtres, en revendiquant pour eux-mêmes, contre nous, des sacerdoces illégitimes et en dressant des autels profanes, que sont-ils d'autre que Coré, Dathan et Abiron ? Coupables du même sacrilège, ils subiront les mêmes châtiments qu'eux, avec ceux qui sont leurs complices, de même qu'à l'époque leurs partisans et complices périrent avec eux de la même mort. XVII. Et sur ce point, je m'indigne à juste titre de la folie si patente et manifeste d'Étienne. Lui qui se glorifie tant de sa charge d’évêque et qui prétend détenir la succession de Pierre, sur qui les fondements de l'Église ont été posés, il introduit de nombreuses autres pierres et construit les édifices nouveaux de nombreuses églises, en soutenant de son autorité que le baptême existe chez eux. Car ceux qui sont baptisés viennent sans aucun doute grossir les rangs de l'Église. Or, celui qui reconnaît la validité de leur baptême confirme par le fait même qu’il y a des baptisés, qu’une Église s’y trouve également. Et il ne comprend pas qu'en trahissant et en abandonnant ainsi l'unité, il obscurcit et, d'une certaine manière, anéantit la vérité de la pierre chrétienne. L'Apôtre reconnaît pourtant que les Juifs, bien qu'aveuglés par l'ignorance et coupables du plus grave des forfaits, ont du zèle pour Dieu. Étienne, qui se vante de détenir par succession la chaire de Pierre, n'est animé d'aucun zèle contre les hérétiques ; il leur concède un pouvoir de grâce non pas modéré, mais immense, au point de dire et d'assurer que, par le sacrement du baptême, ils lavent les souillures du vieil homme, remettent les péchés anciens qui mènent à la mort, font des fils de Dieu par une régénération céleste et, par la sanctification du bain divin, les restaurent pour la vie éternelle. Celui qui concède et attribue ainsi aux hérétiques de si grands et célestes dons de l'Église, que fait-il d'autre que d'entrer en communion avec ceux pour qui il défend et revendique une si grande grâce ? Et c'est en vain qu'il hésiterait encore à leur donner son assentiment sur tout le reste et à se faire leur complice, au point de se réunir avec eux, de mêler ses prières aux leurs et d'établir avec eux un autel et un sacrifice communs.”
— Cité dans les Lettres de Cyprien, Epistula 75.16-17
“Je veux d’ailleurs vous exposer un événement qui s'est produit chez nous et qui est tout à fait pertinent à notre sujet. En effet, il y a environ vingt-deux ans, à l'époque qui suivit l'empereur Alexandre, de nombreuses épreuves et tribulations éclatèrent ici, touchant soit l'ensemble de la population, soit les chrétiens en particulier. Il y eut aussi des tremblements de terre très nombreux et fréquents, si bien qu'en Cappadoce et dans le Pont, beaucoup d'édifices s'effondrèrent ; certaines cités furent même englouties, dévorées par les crevasses d'un sol qui s'entrouvrait. De là naquit également une violente persécution contre le nom chrétien. Survenue soudainement après une longue période de paix, elle fut d'autant plus terrible pour semer le trouble parmi notre peuple qu'il s'agissait d'un fléau inattendu et sans précédent. Serenianus était alors gouverneur de notre province ; c'était un persécuteur implacable et cruel. Or, tandis que les fidèles se trouvaient dans cette tourmente... surgit soudain ici une femme qui, en état d'extase, se présentait comme prophétesse et agissait comme si elle était remplie de l'Esprit Saint. ...elle accomplissait des prodiges et des merveilles, et promettait même de faire trembler la terre. ...Elle parvint à abuser un prêtre, un certain Rusticus, ainsi qu'un diacre... Car un exorciste, homme à la vertu éprouvée, se présenta soudain... Inspiré par la grâce de Dieu, il lui opposa une ferme résistance et démontra que cet esprit, que l'on croyait saint auparavant, était en réalité un esprit des plus malfaisants. Or, cette femme qui, auparavant, avait usé des artifices et des tromperies du démon pour abuser les fidèles de multiples manières, en vint, parmi bien d'autres impostures, à oser fréquemment ceci : elle simulait, par une prière d'invocation d'une efficacité non négligeable, de consacrer le pain et de célébrer l'Eucharistie, offrant le sacrifice au Seigneur sans le rite de la prière consacrée. Elle baptisait également de nombreuses personnes en usurpant les paroles habituelles et légitimes du rituel, si bien que rien ne semblait la distinguer de la règle de l'Église.”
— Cité dans les Lettres de Cyprien, Epistula 75.10