“Allez ! Toi qui veux employer au mieux ton zèle pour l'affaire de ton salut, parcours les églises apostoliques. Auprès d'elles, les chaires mêmes des apôtres président encore à leur place ; auprès d'elles, on lit encore leurs lettres authentiques, qui font résonner la voix et rendent présent le visage de chacun d'eux. L'Achaïe est-elle la plus proche de toi ? Tu as Corinthe. Si tu n'es pas loin de la Macédoine, tu as Philippes, tu as Thessalonique. Si tu peux te rendre en Asie, tu as Éphèse. Si, par ailleurs, tu es proche de l'Italie, tu as Rome, d'où nous vient à nous aussi l'autorité. Voyons quel lait les Corinthiens ont reçu de Paul ; selon quelle règle les Galates ont été redressés ; ce que lisent les Philippiens, les Thessaloniciens, les Éphésiens ; ce que proclament aussi les Romains, tout proches, à qui Pierre et Paul ont laissé l'Évangile, scellé de leur propre sang.”
“Concernant la résurrection des morts, il faut d'abord examiner comment on la nie. Sans doute de la même manière qu'aujourd'hui, car la résurrection de la chair trouve toujours des opposants. En effet, de nombreux sages qualifient les âmes de divines et affirment qu'elles survivent à la mort ; le peuple lui-même honore les défunts, précisément dans la conviction qu'ils continuent d'exister. Quant aux corps, il est évident qu'ils finissent par disparaître : soit immédiatement, livrés au feu ou aux bêtes sauvages, soit à la longue, même s'ils ont été conservés avec le plus grand soin. Par conséquent, lorsque l'Apôtre réfute ceux qui nient la résurrection des morts, ce qu'il défend face à eux, c'est précisément ce qui est nié : la résurrection de la chair. Tout l'enjeu est là. Le reste est sans objet. Dès lors, pour ce qui est de la résurrection des morts, il est indispensable de s'en tenir au sens propre des termes. On ne qualifie de « mort » que ce qui a perdu l'âme qui le faisait vivre. Or, c'est le corps qui perd l'âme, et c'est en la perdant qu'il devient mort. Ainsi, le terme de « mort » ne s'applique qu'au corps. Par conséquent, si la résurrection est celle de ce qui est mort, et que seul le corps est mort, alors la résurrection sera celle du corps. De même, le terme de « résurrection » ne s'applique qu'à ce qui est tombé. On pourrait en effet dire « se relever » de ce qui n'est pas du tout tombé, mais était simplement couché. Mais en réalité, « se relever » ne se dit que de ce qui est tombé, car c'est en se relevant de sa chute qu'on « se re-lève ». Le préfixe « re- » marque en effet la répétition. Nous affirmons donc que le corps tombe à terre par la mort — comme cela se produit effectivement —, conformément à la loi de Dieu. Car il a été dit à l'homme : « Tu es terre, et à la terre tu retourneras. »”
“...l'homme du péché, le fils de la perdition, qui doit être révélé avant la venue du Seigneur, l'adversaire qui s'élève au-dessus de tout ce qu'on appelle Dieu ou qu'on adore, au point de siéger dans le temple de Dieu en se faisant passer pour Dieu ? C'est lui que nous identifions à l'Antichrist, comme nous l'enseignent les prophéties anciennes et nouvelles, et tout particulièrement l'apôtre Jean. Celui-ci dit en effet que de nombreux faux prophètes, précurseurs bien sûr de l'Antichrist, se sont déjà manifestés dans le monde, niant que le Christ soit venu dans la chair et dissociant Jésus — c'est-à-dire le dissociant du Dieu créateur.”