“Voilà pour ce qui est de nos paroles. Quant à nous, manifestons par nos œuvres la droiture de notre vie, et allumons le feu généreux de la vertu. Car, est-il dit, « vous êtes des astres qui brillez au milieu du monde » ; et à chacun de nous, Dieu a confié une mission plus grande que celle du soleil, plus grande que celle du ciel, de la terre et de la mer ; une mission d’autant plus grande que les réalités spirituelles l’emportent sur les réalités sensibles. Ainsi, lorsque nous contemplons le disque solaire, lorsque nous admirons la beauté, la masse et l’éclat de cet astre, pensons alors que la lumière qui est en nous est plus grande et meilleure. De même, les ténèbres sont bien plus terribles si nous n’y prenons pas garde, car une nuit profonde s’est emparée du monde entier. Cette nuit, renversons-la donc et dissipons-la. Cette nuit ne règne pas seulement chez les hérétiques ou chez les païens, mais aussi parmi beaucoup des nôtres, tant sur le plan des dogmes que sur celui de la vie. Beaucoup, en effet, doutent de la résurrection ; beaucoup se retranchent derrière l’astrologie ; beaucoup observent des superstitions, des présages, des augures et des symboles. D’autres encore ont recours aux amulettes et aux incantations. Mais nous parlerons contre eux plus tard, lorsque nous aurons achevé notre propos contre les païens. En attendant, retenez ce qui a été dit et rejoignez-moi dans le combat, en les attirant et en les amenant à nous par votre manière de vivre. Car, comme je le dis toujours, celui qui enseigne la philosophie doit d’abord l’enseigner par sa propre vie et se rendre désirable aux yeux de ses auditeurs.”
“La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Quelle parole à la fois si vraie et si redoutable ! Car voici ce qu’il dit : ce qui est dans la coupe est cela même qui a coulé de son côté, et c’est à cela même que nous avons part. Il l’a appelée « coupe de bénédiction » parce que, en la tenant dans nos mains, nous le louons, saisis d’admiration et de stupeur devant ce don ineffable, et nous le bénissons d’avoir versé ce sang même pour que nous ne demeurions pas dans l’erreur. Et non seulement il l’a versé, mais il nous en a tous fait don. C’est pourquoi il dit : si tu as soif de sang, ne va pas rougir l’autel des idoles par le meurtre d’animaux privés de raison, mais rougis mon propre autel de mon propre sang. Qu’y a-t-il de plus redoutable ?”
“Portons-leur donc secours, et faisons mémoire d’eux. Car si le sacrifice du père purifiait les enfants de Job, pourquoi douterais-tu que nos offrandes pour les défunts leur apportent quelque consolation ? Telle est en effet la coutume de Dieu : faire grâce aux uns en faveur des autres.”