“En effet, chacun sait bien que ceux qui sont possédés par ce mal trouvent pesante la vieillesse de leur père et considèrent comme une charge lourde et pénible ce qui est doux et désirable pour tous : avoir des enfants. C’est ainsi que beaucoup, pour cette raison, ont préféré la stérilité et ont mutilé la nature ; non pas en faisant périr leurs enfants une fois nés, mais en ne leur permettant même pas de voir le jour.”
“Quand il dit : « Ils se sont faits eunuques », il ne parle pas de la mutilation des membres — loin de là ! — mais de la destruction des pensées mauvaises. Celui qui se mutile un membre tombe en effet sous le coup d'une malédiction, comme le dit Paul : « Puissent-ils aller jusqu'à se mutiler, ceux qui sèment le trouble parmi vous ! » Et à juste titre. En effet, un tel homme commet un acte digne d'un meurtrier, il fournit un prétexte à ceux qui calomnient la création de Dieu, il ouvre la bouche aux manichéens et viole la loi tout comme ceux qui, chez les Grecs, se mutilent. Car se couper les membres est depuis l'origine une œuvre de l'activité démoniaque et de la ruse satanique. Le but est de calomnier l'œuvre de Dieu, de défigurer cet être vivant, et de faire en sorte que la plupart des hommes pèchent sans crainte en attribuant toute la question non pas au libre arbitre mais à la nature de leurs membres, se croyant alors irresponsables. Ils causent ainsi un double tort à cet être vivant, à la fois en estropiant ses membres et en paralysant l'élan de son libre arbitre vers le bien.”
“Quelle est donc cette fumée infecte ? Beaucoup entrent ici en promenant leurs regards sur la beauté des femmes ; d’autres, en convoitant la fraîcheur des jeunes gens. Et après cela, ne t’étonnes-tu pas que la foudre ne tombe pas et que tout ne soit pas arraché jusqu’aux fondations ? En effet, de tels agissements sont dignes de la foudre et de la géhenne. Mais Dieu, patient et plein de miséricorde, retient pour l’instant sa colère, pour t’appeler au repentir et à la conversion.”
“En effet, à notre propre époque, sous le règne de Julien qui surpassa tous les hommes en impiété, de nombreux prodiges se sont produits. Ainsi, alors que les Juifs tentaient de relever le temple de Jérusalem, un feu jaillit des fondations et les en empêcha tous. De même, quand le trésorier de l’empereur, ainsi que son oncle et homonyme, manifestèrent la fureur sacrilège de celui-ci contre les vases sacrés, le premier, dévoré par les vers, rendit l’âme, tandis que le second éclata par le milieu. De plus, le tarissement des sources après qu’on y eut offert des sacrifices, et la famine qui s’abattit sur les cités sous son règne, furent un signe éclatant. Car c’est la coutume de Dieu d’agir ainsi : lorsque les maux s’aggravent, qu’il voit les siens maltraités et leurs adversaires complètement ivres de la tyrannie qu’ils exercent contre eux, c’est alors qu’il manifeste sa propre puissance.”
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