“Et de même que, pour les productions de l'art, la ressemblance se fonde sur la forme, de même, pour la nature divine et simple, l'union réside dans la communion de la divinité. L'Esprit Saint aussi est un ; il est proclamé dans son unicité, uni par l'unique Fils à l'unique Père, et il complète par lui-même la Trinité tant célébrée et bienheureuse. Son étroite relation avec le Père et le Fils est suffisamment manifestée par le fait qu'il n'est pas rangé dans la multitude de la création, mais qu'il est proclamé à part. Car il n’est pas un parmi tant d’autres ; il est un. En effet, de même qu'il y a un seul Père et un seul Fils, de même il y a aussi un seul Esprit Saint.”
“Ainsi, c'est en lui-même que l'Esprit manifeste la gloire du Fils unique et qu'il procure aux vrais adorateurs la connaissance de Dieu. La voie de la connaissance de Dieu part donc de l'unique Esprit, passe par le Fils unique, pour aboutir à l'unique Père. Et inversement, la bonté native, la sainteté par nature et la dignité royale procèdent du Père, par le Fils unique, pour parvenir jusqu'à l'Esprit. C'est ainsi que l'on confesse les hypostases, sans que le pieux dogme de la monarchie soit ébranlé. Quant à ceux qui établissent une énumération en parlant de premier, de deuxième et de troisième, qu'ils sachent bien qu'ils introduisent le polythéisme de l'erreur païenne dans la théologie immaculée des chrétiens.”
“Parmi les dogmes et les enseignements conservés dans l'Église, les uns nous viennent de la doctrine écrite, tandis que les autres, nous les avons reçus de la tradition des Apôtres, qui nous ont été transmis dans le secret. Ces deux sources possèdent la même autorité en matière de piété. Et personne ne le contestera, du moins quiconque possède la moindre expérience des usages de l'Église. En effet, si nous tentions de rejeter les coutumes non écrites au prétexte qu'elles n'ont pas une grande autorité, nous porterions atteinte à l'Évangile sur des points essentiels, sans même nous en rendre compte ; ou plutôt, nous réduirions la prédication à n'être plus qu'un simple nom. Par exemple, pour commencer par l'exemple le plus simple et le plus répandu : qui nous a enseigné par écrit à marquer du signe de la croix ceux qui espèrent dans le nom de notre Seigneur Jésus-Christ ? Quelle Écriture nous a enseigné à nous tourner vers l’orient pour la prière ? Les paroles de l’épiclèse, lors de la consécration du pain de l’Eucharistie et de la coupe de bénédiction, qui parmi les saints nous les a laissées par écrit ? Car nous ne nous contentons pas de ce que l’Apôtre ou l’Évangile mentionnent, mais nous prononçons aussi d’autres paroles, avant et après, que nous tenons de la tradition non écrite et qui possèdent une grande force pour le mystère. Nous bénissons l’eau du baptême et l’huile de l’onction, et plus encore le baptisé lui-même. D'après quels textes écrits ? N'est-ce pas d'après la tradition silencieuse et secrète ? Et l'onction d'huile elle-même, quelle parole écrite l'a enseignée ? La triple immersion de la personne, d’où vient-elle ? Quant aux autres rites du baptême, comme la renonciation à Satan et à ses anges, de quelle Écriture proviennent-ils ?”
“Voilà donc ce que signifie naître d'en haut, de l'eau et de l'Esprit : la mort s'accomplit dans l'eau, tandis que notre vie est mise en œuvre par l'Esprit. C'est donc par trois immersions et par autant d'invocations que s'accomplit le grand mystère du baptême, afin que la figure de la mort soit manifestée et que, par la transmission de la connaissance de Dieu, les âmes des baptisés soient illuminées. Ainsi, s'il y a une grâce dans l'eau, elle ne vient pas de la nature de l'eau, mais de la présence de l'Esprit.”
“Quant à Grégoire le Grand et à ses paroles, où les rangerons-nous ? Ne sera-ce pas aux côtés des apôtres et des prophètes ? Cet homme fut animé par le même Esprit qu’eux ; tout au long de sa vie, il suivit les traces des saints et réalisa dans sa perfection la vie évangélique. Pour ma part, c’est ce que j’affirme ; sinon, nous ferions injure à la vérité en ne comptant pas cette âme au nombre des proches de Dieu, elle qui a brillé dans l’Église de Dieu comme un grand et éclatant luminaire. Par le concours de l’Esprit, il détenait un pouvoir redoutable sur les démons, et il reçut une si grande grâce de la parole pour conduire les nations à l’obéissance de la foi que, n’ayant trouvé que dix-sept chrétiens en arrivant, il amena à Dieu le peuple tout entier, celui des villes comme celui des campagnes, par la pleine connaissance. C’est lui qui détourna le cours des fleuves en leur en donnant l’ordre au grand nom du Christ, et qui assécha un lac, source de conflit entre des frères cupides. Ses prédictions sur l’avenir, quant à elles, furent telles qu’il ne le cédait en rien aux autres prophètes.”
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