Lettre aux Éphésiens

Salutation

St. Ignace d'Antioche

5 citations · 4 sujets

J’ai accueilli en Dieu votre nom si digne d’amour, que vous portez en vertu de votre nature droite, conformément à la foi et à l’amour dans le Christ Jésus, notre Sauveur. En « imitateurs de Dieu », et vous étant ranimés dans le sang de Dieu, vous avez parfaitement achevé l’œuvre qui sied à votre parenté divine. En effet, apprenant que j’étais enchaîné depuis la Syrie pour le Nom et l’espérance qui nous sont communs, et que j’espérais, par votre prière, obtenir de combattre les bêtes à Rome — afin que par cette victoire je puisse devenir enfin un vrai disciple —, vous vous êtes empressés de me voir. Ainsi donc, puisque j’ai accueilli au nom de Dieu votre communauté tout entière en la personne d’Onésime, homme d’un amour indicible et votre évêque selon la chair, je prie pour que vous l’aimiez selon Jésus-Christ et que vous soyez tous à sa ressemblance. Béni soit en effet Celui qui vous a accordé, à vous qui en étiez dignes, d’avoir un tel évêque.

Chapitre 1

Mon esprit est l'humble rançon de la croix, qui est un « scandale » pour les incroyants, mais pour nous salut et vie éternelle. « Où est le sage ? Où est le savant ? » Où est la vaine gloire de ceux que l'on dit intelligents ? Car notre Dieu, Jésus-Christ, a été porté dans le sein de Marie selon l'économie de Dieu, issu d'une part de la « descendance de David », et d'autre part de l'Esprit Saint ; lui qui est né et a été baptisé afin de purifier l'eau par sa passion.

Ignace, dit aussi le Théophore, à celle qui est bénie dans la plénitude de la grandeur de Dieu le Père, prédestinée avant les siècles pour être à jamais, pour une gloire qui demeure, immuable, unie et choisie dans une passion authentique, par la volonté du Père et de Jésus Christ, notre Dieu ; à l'église digne de toute félicité, qui se trouve à Éphèse en Asie, joie surabondante en Jésus Christ et dans une allégresse sans tache.

Introduction

Priez aussi sans cesse pour les autres hommes. Il y a en effet en eux un espoir de repentir, afin qu'ils parviennent à Dieu. Permettez-leur donc d'être instruits par vous, ne serait-ce que par vos œuvres. Face à leurs colères, vous, soyez doux ; à leur arrogance, vous, soyez humbles ; à leurs blasphèmes, vous, offrez vos prières ; à leur égarement, vous, soyez « fermes dans la foi » ; à leur sauvagerie, vous, soyez pacifiques, sans chercher à les imiter en retour. Par la douceur, montrons-nous leurs frères ; efforçons-nous plutôt d'être des « imitateurs du Seigneur ». Qui a été plus injustement traité ? Qui a été plus dépouillé ? Qui a été plus méprisé ? Ainsi, aucune herbe du diable ne se trouvera en vous, mais vous demeurerez en Jésus-Christ dans une pureté et une modération parfaites, corps et esprit.

Chapitre 10

Ne vous y trompez pas, mes frères : ceux qui corrompent les familles « n’hériteront pas du royaume de Dieu ». Si donc ceux qui commettent de tels actes selon la chair ont subi la mort, à combien plus forte raison celui qui, par un enseignement pervers, corrompt la foi de Dieu pour laquelle Jésus-Christ a été crucifié ? Celui-là, s’étant souillé, ira au feu qui ne s’éteint pas, de même que celui qui l’écoute. Certains individus d'une grande perversité ont coutume de porter partout le Nom avec une intention perfide ; mais ils accomplissent des actes indignes de Dieu et professent des doctrines qui s’opposent à la sienne, pour leur propre perte et celle de ceux qui les croient. Vous devez les fuir comme des bêtes sauvages. Car le juste qui s’écarte d’eux est sauvé pour l’éternité. Ce sont en effet des chiens muets, incapables d’aboyer, des chiens enragés qui mordent en cachette. Il faut les éviter, car ils souffrent d’un mal incurable. Or, notre médecin est le seul vrai Dieu, inengendré et inaccessible, Seigneur de l’univers, mais Père et géniteur du Fils unique. Nous avons aussi pour médecin notre Seigneur Dieu Jésus-Christ, avant tous les siècles Fils unique et Verbe, et ensuite, homme né de la Vierge Marie. Car le Verbe s’est fait chair : l’incorporel dans un corps, l’impassible dans un corps capable de souffrir, l’immortel dans un corps mortel, la vie au sein de la corruption, afin de libérer nos âmes de la mort et de la corruption, de les soigner et de les guérir, elles qui sont malades de l’impiété et des mauvaises convoitises.

Chapitre 16