“Il ne sera donc pas inutile, ce traité sur le sacrement de notre eau, par laquelle, une fois purifiés des fautes de notre aveuglement passé, nous sommes libérés pour la vie éternelle. Il est destiné à instruire aussi bien ceux qui sont en pleine formation que ceux qui, se contentant d'une foi simple et n'ayant pas exploré les fondements des traditions, portent en eux, par manque de connaissance, une foi exposée à la tentation. Et de fait, tout récemment par ici, une vipère des plus venimeuses, issue de l'hérésie caïnite, a ravi de très nombreuses personnes par sa doctrine, en s'attaquant avant tout au baptême. Ce qui est parfaitement conforme à sa nature : car les vipères, les aspics et les basilics eux-mêmes recherchent habituellement les lieux arides et sans eau. Mais nous, petits poissons, à l'image de notre ΙΧΘΥΣ, Jésus Christ, nous naissons dans l'eau, et ce n'est qu'en demeurant dans l'eau que nous sommes sauvés. Voilà pourquoi cette créature monstrueuse entre toutes, qui n'avait même pas le plein droit d'enseigner, savait parfaitement comment tuer les petits poissons : en les arrachant à l'eau.”
“L’acte est corporel, puisque nous sommes plongés dans l’eau ; l’effet est spirituel, puisque nous sommes libérés des péchés.”
“Or, lorsqu’il est posé en règle que le salut n’appartient à personne sans le baptême, c’est principalement en vertu de cette déclaration du Seigneur qui dit : « Si quelqu'un ne naît pas de l’eau, il n’aura pas la vie… »”
“...nul n'obtient le salut sans le baptême...”
“Il existe bien pour nous un second baptême, lui aussi unique : celui du sang. C’est celui dont le Seigneur disait : « Je dois être baptisé d’un baptême », alors qu’il avait déjà été baptisé. Car il était venu par l’eau et par le sang, comme l’a écrit Jean, pour être baptisé par l’eau et glorifié par le sang, et faire ainsi de nous des appelés par l’eau et des élus par le sang. Ces deux baptêmes, il les a fait jaillir de la blessure de son côté transpercé : pour que ceux qui croiraient en son sang soient lavés par l’eau, et que ceux qui auraient été lavés par l’eau boivent aussi le sang. Tel est le baptême qui remplace celui que l’on n’a pas reçu et restitue celui que l’on avait perdu.”
“Ensuite, en sortant du bain, nous recevons une onction bénie, conformément à l’ancienne discipline selon laquelle on oignait d’huile au moyen d’une corne pour conférer le sacerdoce, depuis qu’Aaron fut oint par Moïse. C’est de là que le Christ tire son nom : du chrisme, qui est l’onction et qui a donné son nom au Seigneur. Cette onction est devenue spirituelle, parce qu’il a été oint de l’Esprit par Dieu le Père, comme il est dit dans les Actes : Car en vérité, ils se sont rassemblés dans cette ville contre ton saint Fils, que tu as oint. Ainsi pour nous, l’onction se répand sur la chair, mais elle porte un fruit spirituel ; de même, l’acte du baptême est charnel, puisque nous sommes plongés dans l'eau, tandis que son effet est spirituel, puisque nous sommes libérés de nos fautes.”
“Et d'ailleurs, une certaine vipère de l'hérésie caïnite, de passage chez vous tout récemment, a séduit la plupart des gens par sa doctrine des plus venimeuses, en détruisant avant tout le baptême. C'est tout à fait conforme à sa nature : car, en général, les vipères, les aspics et les basilics eux-mêmes recherchent les lieux arides et sans eau. Mais nous, petits poissons, à l'image de notre ΙΧΘΥΣ, Jésus-Christ, nous naissons dans l'eau, et ce n'est qu'en demeurant dans l'eau que nous sommes sauvés. Voilà pourquoi cette créature monstrueuse, qui n'avait même pas le droit d'enseigner légitimement, savait parfaitement comment tuer les petits poissons : en les arrachant à l'eau.”